Archive | juillet, 2012

Fous Chantants 2012 : Chœurs en tête et artistes de cœur…

29 Juil

« Le principe est bien mais je ne m’attendais pas à ça », avouait Rebecca hier soir, à la sortie des Arènes d’Alès. Ce théâtre de corridas accueillait la 15e édition des Fous Chantants d’Alès, à guichet fermé devant 3 500 personnes. Un évènement qui est à l’origine de la chanson Ensemble que Jean-Jacques Goldman avait composé après son passage sur la scène des Arènes cévenoles en 2000 et enregistré l’année suivante avec les ces même chœurs.

Pour la quatrième année consécutive, les Fous recevaient un « ancien de Notre Dame de Paris », après Quasimodo (Garou) et les plus belles chansons québécoises, en 2009 ; Fleur de Lys (Julie Zenatti) et les 3 B : Daniel Balavoine, Michel Berger et Alain Bashung, en 2010 et Esmeralda (Hélène Ségara) et les plus belles comédies musicales, en 2011, place à Phoebus et les plus belles chansons de films. Et pour la quatrième année consécutive, un couple d’artistes était invité puisque la représentante française de l’Eurovision complétait l’affiche. Parmi les spectateurs certains croyaient voir les deux chanteurs se succéder accompagnés des choristes. Sur les trente trois chansons du spectacle, Anggun en a chanté deux et Patrick Fiori a repris quatre des titres de son album hommage au 7e art : Les choses de la vie (2008). Ils se sont ensuite rejoints sur scène pour interpréter en duo La chanson d’Hélène, extraite du film de Claude Sautet. Lors de sa deuxième apparition sur scène, « Patriiick !!! » a été très applaudi. Les spectateurs qui n’étaient pas des proches de l’un des choristes craignent qu’il ne réapparaissent plus.

Les stars du spectacle étaient les 1000 choristes et les chefs de chœur. Après leurs prestations et avant de rejoindre les coulisses, les artistes ont chaleureusement salué ces réalisateurs d’un soir, avec une mention spéciale de la part de Patrick Fiori, au benjamin Florian Martinet. Les chefs de chœur et les membres de l’orchestre des Fous – grimés en héros de film – restent plusieurs années tandis que les choristes se renouvellent. Les Fous Chantants ont débarqué à Alès le 21 juillet pour un stage d’une semaine au Fort Vauban, avant la consécration sur la scène des Arènes. Chacun d’eux a déboursé entre 265 et 380 euros (prix avec ou sans hébergement) pour cette semaine remplie d’ateliers et de spectacles dans le jardin du Bosquet.

Le placement des basses, tenors, sopranos et altos, vêtus de noir ou de blanc dans les gradins à ouvert le spectacle pendant qu’un groupe de cinq chanteurs – non présentés – faisait le show avec des medley ou un hommage au cinéma muet, avec Jean Dujardin recevant l’Oscar. Les chœurs ont ensuite entonné la musique Ameno, extraite du film Les Visiteurs. De Manon des sources à Shrek, en passant par Il était une fois dans l’Ouest, les chœurs ont repris ou revisité les musiques de films, parfois même par le biais de medley. Sobrement vêtus, les choristes ont mis en scène leurs chants avec des accessoires : chapeaux, lunettes de soleil ou écharpes de couleur. L’éclairage a également teinté le spectacle avec des jeux de lumière en formes géométriques. Les chanteurs amateurs ont proposé un spectacle professionnel devant un public statique trois heures durant. Seul le medley Disney l’a entrainé alors que l’interprétation de la musique revisitée du Roi Lion Le cercle de la vie n’avait pas séduit voire dérouté. 

Retrouver plus de photos du concert

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Fous Chantants 2012 : Une journée mémorable…

29 Juil

La 15e édition des Fous Chantants d’Alès s’est déroulé hier soir. Retour sur une journée haute en rebondissements…

« Il n’y a plus de places », expliquent les organisateurs dès le début de l’après-midi. Quelques personnes pensaient pourtant pouvoir se procurer des places sans les avoir préalablement réservées. Il reste toutefois possible de se procurer des billets en revente dès 18h devant les Arènes. Les pancartes « J’achète deux places » demeurent sans réponses mais il resterait peut être 20 places. Les quêteurs s’orientent vers un plan B : attendre une heure en plein soleil l’ouverture de la billetterie afin d’être les premiers dans la file d’attente. A 19h, les volets sont toujours clos et les rangs deviennent de plus en plus flous, celui des détenteurs de billets derrière la porte s’étend désormais jusqu’à la moitié de la rue. « 3, 2, 1, 0… Ouais !!! », les Arènes ouvrent…

Photo : Caroline Nourry

Patrick Fiori est « sympa », « simple », « accessible » et a gentiment posé avec une agent de la sécurité. Dans la matinée, le chanteur a pris un bain de foule avant la répétition, en sera t-il de même ce soir ? Il doit arriver, avec Anggun à 21h20 et certains se lancent dans une attente qui se révèlera interminable. Dès 21h, les choristes envahissent le parking des Arènes, c’est l’heure des derniers encouragements de leurs proches avant leur prestation. Leur point de rendez-vous est également le seul accès pour les voitures des artistes. Le ciel s’assombrit, les choristes sont invités à laisser le passage libre pour le convoi qui s’apprête à arriver. Se dresse alors une sorte de haie d’honneur noire et blanche. Tout sourire au volant d’une voiture, Patrick Fiori, la traverse, ralentit et salue la foule avant de s’engouffrer des les coulisses faites de cannisse au travers de laquelle il est facile d’épier les bénévoles. Dans la voiture suivante, Anggun, côté passager, salue également les choristes amassés le long du passage. Tout s’accélère, les choristes doivent s’aligner face au panneaux correspondant à leur tessiture avant d’entrer dans les Arènes.

Dans les gradins, l’attente n’est pas plus distrayante. Les derniers arrivés invectivent les personnes déjà installées, notamment du côté des emplacements les plus prisées, face à la scène. La lutte pour conserver la place d’une personne partie aux toilettes ou à la buvette est féroce. Pendant les trois heures de concert, il est impossible de quitter sa place, les escaliers sont bondés. Certains spectateurs sont même debout en haut. L’installation était moins rude en bas des Arènes où des chaises numérotées étaient installées.

L’amabilité et la gentillesse des agents de la sécurité ont compensé les déboires des spectateurs alésiens.

Retrouver également le compte-rendu et les photos du concert.

Plages de Marseille : Corbières ou Prado ?

26 Juil

Corbières, les lève-tôt se dorent dans un paradis bleu…

Au nord de Marseille, cette plage du 16e arrondissement est un cadre idéal pour les familles, dans une ambiance plus ou moins paisible selon les heures.

Un véritable décors de carte postale est niché en contrebas de la D568 : la plage de Corbières. Les arcades du pont ferroviaire qui domine la plage offrent un merveilleux cadre pour les photographes ou les yeux. Une fois sa voiture garée dans l’une des quelques places de parking ou en descendant du bus 35, en provenance de la Joliette, les familles découvrent un lieu paradisiaque. Le luxe des automobilistes – s’ils trouvent une place – ou des courageux qui montent dans un bus lorsqu’ils veulent aller se dorer au bord de l’eau ou piquer une tête dans la Méditerranée.

La verdure qui surplombe la mer a des allures de parc propice aux pique-niques familiaux, où règne le chant des cigales. Des tables et des chaises en pierre y sont érigées, à l’instar des aires d’autoroute. Il faut descendre un escalier dessiné dans la roche et longer une allée bétonnée bordée d’arbres et d’eau pour se prélasser au soleil sur l’une des deux plages dos à dos. Un petit chemin ombragé mène à une troisième petite plage, mitoyenne au port. 

Située au nord de la ville, Corbières accueille traditionnellement les familles populaires des « quartiers nord », des 15e et 16e arrondissements de Marseille. En fin de matinée de nombreuses familles avec des enfants en bas âges débarquent sur la plage, munis de nombreux sacs et de glacières. « Regardez ! On n’a pas l’impression d’être à Marseille », lance Nathalie, venue avec son mari et ses deux enfants. Néanmoins, sur le chemin de la plage, de nombreux tessons de bouteilles jonchent le sol bétonné. Une fois la serviette étalée sur la plage, l’enchanteresse vue du large, avec la jetée en amorce, contraste avec les murs tagués adossés à la colline. Il suffit de tourner la tête vers la gauche pour une meilleure vue sur la fondation Monticelli, une splendide battisse dressée sur les hauteurs en 1861 et reconvertie en musée.

« L’eau est trop belle », s’exclame un jeune garçon accompagné de sa grand mère. « Même si on n’est pas parti en vacances, ça y ressemble. C’est plus dépaysant que les plages à l’intérieur de la ville. » Ce coin, quasiment éloigné de la civilisation, est incomparable avec les plages « urbaines », ici, pas de snack, pas de terrain de sport, seulement deux postes de secours, des toilettes publiques et la mer.

L’eau presque transparente se fonce en s’éloignant du bord, composé de galets voire des cailloux. Dans un bateau gonflable, deux jeunes enfants font leur premiers pas de navigateurs tirés par leur mère pendant que trois jeunes hommes fraîchement descendus de vélos tentent une intrusion dans l’eau que le mistral a refroidi. La brise est toutefois agréable pour ne pas suffoquer au soleil. Beaucoup d’enfants jouent sur la plage, d’autres sont fascinés par le plongeoir en béton surplombant la troisième plage aux allures moins paradisiaque que les deux autres. 

« On vient tôt pour être au calme. Quand il y a trop de monde, c’est moins agréable », explique Catherine, retraitée qui profite de la vue allongée sous les arbres avec son époux. « La plage est très petite alors forcément dès qu’il y a un peu de monde, on étouffe », renchérit monsieur. Quand des milliers de touristes locaux se sont rejoints sur ces trois petits bouts de plage, la cohue est générale et les cigales inaudibles. Pour profiter de ce coin de paradis au nord de Marseille, mieux vaut être un lève-tôt.

Prado, plages aux jeunes !

Au sud de la villes, ces plages réputées pour leurs infrastructures, sont surtout fréquentées par la jeunes marseillaise, qui poursuit parfois par de longues soirées à l’Escale.

Dans les métros et les bus marseillais, les jeunes ont troqué leurs cartables pour un ballon, direction les plages du Prado… Parking, parc à vélo et à moto, tout est mis en place pour accueillir de nombreux baigneurs. Néanmoins, en ces temps estivaux, un parking s’est transformé en mini fête foraine, pour la joie des enfants mais pas celle des automobilistes.

Les plages du Prado, sont « the place to be » cet été, elles ont déjà accueilli les spectateurs des feux d’artifices du 14 juillet ou la finale du mondial la Marseillaise à pétanque. Il y a aussi ceux qui viennent là par défaut, parce que pour aller à Cassis « il faut la voiture », explique Manon. Le choix de la destination – qui n’en est plus un – est rapide : prendre le métro jusqu’au rond point du Prado et marcher jusqu’aux plages ou monter dans un bus bondé, dont les arrêts grouillent de contrôleurs et c’est parti pour une virée plage.

A l’entrée du poste de secours, une consigne gratuite est mise en place. En plus de garder les affaire, de jeune gens y proposent des cendriers portatifs, afin de ne pas dénaturer la plage avec des mégots.

Une fois l’arrosage automatique éteint, la pelouse d’un vert éclatant réjouit les adolescents qui préfèrent la course à la nage. Face au stade de l’été, édifice temporaire érigé au bord de l’eau, la verdure environnante est quelques fois plus attrayante que la plage et l’eau. « De toute façon, il n’y a pas la place de faire un foot sur le sable », lance Kevin, lycéen. Lorsque le vent le permet, l’espace vert est également le théâtre de spectacles de cerfs-volants.

Après l’herbe, les rochers sont également très prisés. « On se sent isolé » raconte Magda. L’adolescente peut raconter tous ses secrets à sa copine sans se sentir espionné par son voisin de serviette. « En plus, ici, les mecs ne viennent pas nous draguer », ajoute son amie, dans un éclat de rire. 

A quelques mètres de la plage du Prado, après avoir traversé des complexes de jeux pour enfants et un terrain de volley : l’escale Borély. Ce lieu branché gravite autour d’une grande roue qui trône à quelques pas des terrasses de nombreuses brasseries et bars. Le filet de plage est rempli de transats et de cabanons, des mini plages privées qui sont installées le temps d’un été. C’est sous ce gigantesque manège que les marques choisissent parfois de garer leur camion promotionnel afin de distribuer des échantillons aux passants le long des plages.

Un dispositif de limitation acoustique a été mis en place afin de diminuer les nuisances sonores des terrasses. A la nuit tombée, l’escale Borély peut s’animer pour de longues soirées « bruyantes » jusqu’au bout de la nuit. Certains groupes de jeunes ont leur point de chute sur la plage. Adossé à la jetée, ils se retrouvent pour des soirées arrosées, propices aux bains de minuit, à la lueur de étincelante grande roue.

Articles réalisés pour le journal La Marseillaise, publiés le 25 juillet 2012.

La cuina de Montserrat : Le tzatziki…

24 Juil

Montserrat adore cuisiner : les plats catalans dont elle a hérité les recettes de sa grand mère ou de purs produits de son imagination. Tout est prétexte à passer derrière les fourneaux pour cette jeune Catalane qui rapporte toujours de nouvelles recettes de ses voyages à l’étranger.

De ses séjours en Crête – une île grecque -, Montsé a rapporté la recette du tzatziki, un « condiment » facile et rapide à réaliser. Il se déguste tartiné sur du pain, des toasts, des blinis voire même des endives, en apéritif ou en accompagnement (sauce) de viandes ou de poissons, pour un plat.

Ingrédients :
1 concombre
200g de fromage blanc
5 gousse d’ail
2 cuillères à soupe d’huile d’olive
poivre
sel

Râper le concombre et le faire dégorger.

Éplucher puis écraser l’ail.

Mélanger le concombre et l’ail.

Ajouter l’huile et le fromage blanc.

Saler, poivrer et mélanger le tout.

Qui fait le meilleur aïoli de Marseille ?

21 Juil

« En général, ils sont tous bons. Il y a autant de recettes qu’il y a de familles à Marseille », rassurait Christian Buffa, chef du restaurant le Miramar et co-président du jury avec Gabrielle Galligani du restaurant le Rhul. Quinze participants, surnommés cette année « les toqués de l’aïoli », en référence à la coiffe très professionnelle qu’ils arboraient, se sont affrontés hier soir dans le grand concours d’aïoli. L’association MACT (Marseille Accueil Culture et Tradition) organisait la quatrième édition de cette compétition amateur, avec comme critères de sélection : la couleur, la texture et le goût.

Malgré l’agitation des membres du jury, de la confrérie des chevaliers de l’aïet – nom de l’aïoli en provençal – l’ambiance était détendue parmi les concurrents. Assis le mortier entre les jambes ou debout, chacun avait sa méthode et les conseils pour confectionner le meilleur aïoli fusaient de toute part. Pour l’ail, par exemple, il faut en mettre plus lorsqu’il est frais que lorsqu’il est sec.

Ange Ciarlone, gagnant du titre pour la troisième année consécutive a même rattrapé l’aïoli « noyé dans l’huile » d’une concurrente qui malgré tous ses efforts n’a pas réussi à monter sa mixture. Stéphanie Sassone, de son côté, n’a pas cessé de tourner énergiquement son pilon dans son mortier, même une fois l’épreuve terminée. Pour sa première participation, sa vivacité a payé, puisque la jeune femme est arrivée sur la deuxième marche du podium, devant Pierre Marechal, gagnant de la première édition, qui succédait à sa fille Julia, 12 ans, à cette troisième place.

« C’est absolument l’identité marseillaise, l’image que l’on doit renvoyer », a lancé Lisette Narducci. La maire du 2ème secteur de Marseille qui apprécie le côté traditionnel de ce concours a remis leurs prix au trio de tête. 250 personnes ont ensuite dégusté de l’aïoli, en écoutant Henri Camoin et son accordéon.

Article réalisé pour le journal La Marseillaise, publié le 21 juillet 2012.

Christine Citti, une comédienne clair-obscur…

20 Juil

Ce monde est fou en ce moment pour Christine Citti. L’ancienne héroïne des enquêtes d’Éloïse Rome tourne dans un téléfilm pour France 2 depuis le début de la semaine. Députée, un jour, fleuriste, l’autre, cette rigolote sur les plateaux de tournage, transmet toujours une émotion juste dans sa placidité ou son exubérance.

Un minois plus qu’un nom…

Les enquêtes d’Éloïse Rome

La pétulante blonde fait une percée dans le cœur des téléspectateurs avec Les enquêtes d’Éloïse Rome (2001-2005), où elle revêt le costume d’une sagace capitaine de police que Jean-Baptiste Martin, en jeune lieutenant, a parfois du mal à suivre dans ses élucubrations. « Elle a un côté « Robocop » au boulot, et un côté « Martine fait des châteaux à la plage » dans sa vie privée », décrivait Christine Citti au journal L’Humanité, en 2000. Après quatre saisons de bons et loyaux services, l’accro aux chouquettes vogue vers de nouveaux horizons. La traversée fut relativement longue avant que son minois ne réapparaisse sur le petit écran.

Juliette et sa Drôle de famille

Amincie et brune, Christine Citti renoue avec les rôles réguliers avec la saga Le réveillon des bonnes (2007). En décembre 1918, la fantasque devient l’insoumise, Marie. Alors que les quatre bonnes d’un immeuble bourgeois s’affairent aux préparatifs du réveillon de Noël, Marie se met en grève. « C’est une petite rebelle, à bout. Elle porte la mort de son mari et ses enfants sur ses épaules. Elle est déterminée mais n’a pas de conscience politique », dépeignait Christine Citti dans un entretien au Figaro, en 2007. Celle qui a découvert le bouddhisme après un énorme chagrin d’amour se lance dans une nouvelle aventure en 2009. Retour à l’époque contemporaine avec Juliette, sa Drôle de famille et de nouveaux problèmes du quotidien : Trois célibataires avec enfants, accablés par le désastreux constat de leur vie et par les soucis financiers, décident de vivre en collocation.

Clash

La cougar de cette fiction vient d’achever le tournage du quatrième volet de la série à Marrakech, après celui de Clash (2012), une série sur les relations entre les adolescents et leur parents. La mère de Marion, Joséphine et Ferdinand y interprète celle de Dylan, un garçon sensible et rêveur et Kelly, en conflit perpétuel avec elle. Cette employée dans une boutique de lingerie, criblée de dettes et souffrant de solitude, sourit à la vie. « Elle est dans le déni. Elle est comme Strauss Kahn », plaisantait la blonde – perruquée cette fois – pulpeuse sur le tournage.

Un manque…

La comédienne brûlera les planches au côté de Jacques Weber dans Le prix Martin, en 2013, elle retrouvera les loges du théâtre de l’Odéon, qui furent les siennes en 1987, lorsqu’elle jouait dans La ronde d’Arthur Schnitzler. Comme un premier amour qui ne s’oublie pas, elle a eu ses premiers émois de comédienne au théâtre et retombe régulièrement dans ses bras. Son dernier flirt avec la scène c’était toutefois lors d’un vaudeville, Les fiancés de Loches (2009) de Georges Feydeau, dans une adaptation très moderne et haute en couleur.

Tout a commencé par une tendre passion avec Anton Tchekhov. L’un des meilleur souvenir de la comédienne d’une jeune fille qui a décliné le sentiment amoureux au travers de trois pièces du dramaturge russe. L’amour est sans retour dans Les trois sœurs (1988), mis en scène par Maurice Benichou, au festival d’Avignon, où la benjamine Irina sacrifie ses illusions et se résout à épouser un homme par dépit. L’amour est salvateur pour la jeune Sacha désireuse d’ extirper Didier Sandre de sa mélancolie dans Ivanov (1988), sous la direction de Pierre Romans, au théâtre des Amandiers-Nanterre, puis sous celle d’Arnaud Sélignac en 1990, pour l’adaptation télévisuelle. Enfin, l’amour est simulé et utile pour Nina, qui se rapproche d’un Michael Lonsdale qui pourrait lui servir dans sa future carrière dans La Mouette (1993), mis en scène par Michel Fagadau, au théâtre de Boulogne-Billancourt.

Le petit écran éloigne un temps Christine Citti des représentations. Ce petit bout de femme y incarne une Aurore Dupin de 26 ans qui s’ennuyant à Nohant auprès de son mari, va devenir George Sand, une femme libre (1994). La comédienne accepte ensuite de prendre du poids pour interpréter Sophie, une cuisinière complexée par ses rondeurs surtout depuis qu’elle a appris que son mari l’avait trompé avec une fille filiforme dans Une grosse bouchée d’amour (1998). La jeune femme au regard intense a longtemps affirmé qu’elle se sentait bien dans son corps tout en endossant les traits de personnages mal dans le leur ou raillées, à l’instar de Rosalie. Cette pompiste planifie son départ du domicile familial en raison des reproches incessants de sa belle-mère au sujet de ses kilos superflus, dans Rosalie s’en va (2005).

Une habituée des seconds rôles…

Christine Citti personnifie souvent « l’épaule pour pleurer » de Jeanette, l’amie et indéfectible soutien de Marie Trintignant, dans Victoire ou la douleur des femmes (2000), à Muriel, la confidente de Natacha Amal, dans Mes deux maris (2005), en passant par Didou, la copine de Catherine Jacob, qui l’assiste dans sa reconversion de chauffeur de taxi en auteur de bestseller, dans La double vie de Jeanne (2000).

« J’ai beaucoup joué les meilleures amies, les femmes trompées, les ex-femmes… Je n’avais jamais incarné au cinéma l’être aimé. Là, avec Suzanne, Viviane Candas m’a redonné une sorte de légitimité, cela ne pouvait pas tomber mieux dans ma vie », confiait la comédienne dans les colonnes de Libération, en 2007. Cette fille de pieds-noirs née en France, à l’automne 1962, ses parents tout juste rapatriés d’Algérie incarne Suzanne, une grecque discrète, sensuelle et pudique qui va faire chavirer le cœur de l’ancien professeur de lettre classique qu’est Patrick Bauchau, abattu par le deuil de sa femme et la réouverture d’une profonde blessure liée à la guerre d’Algérie. Elle n’est pas de son monde, ni de son âge, mais sera son dernier amour. Le film a été accueilli dans l’intimité de quelques salles, avec une critique mitigée sur le traitement du sujet pourtant unanime sur le jeu impeccable de la comédienne.

Dans sa quête de légitimité, cette femme aux multiples facettes est passée devant la caméra de Claude et Nathan Miller, dans Je suis heureux que ma mère soit vivante (2008) et de Claude Lelouch, dans Ces amours-là (2010). Mère adoptive d’un adolescent qui traque, sans relâche, sa mère biologique, dans l’un, empoisonneuse, dans l’autre.

De l’ombre à la lumière…

Camping 2

« C’est vrai, j’ai fait pas mal de choses avant Éloïse Rome, dont le public ne se doute même pas. Mais je n’ai jamais cherché à être connue », confessait Christine Citti au journal Le Parisien, en 2002. (Re)connue depuis le succès de la série policière de France 2, les spectateurs l’ont redécouvert après sa métamorphose. La plantureuse blonde jouissait d’une certaine notoriété, par le biais du petit écran, la svelte brune crève le grand – dans un rôle secondaire – sous la direction de Fabien Onteniente. La comédienne n’a rien perdu de son regard de braise et des son sourire malicieux lorsqu’elle devient Madame Chatel, la directrice du camping les Flots Bleus dans Camping (2006), puis dans Camping 2 (2010).

Quand j’étais chanteur

En parallèle du succès au box office, une satisfaction personnelle, avec la sortie en salles de Quand j’étais chanteur. Christine Citti y incarne l’ex femme de Gérard Depardieu. « C’était un de mes rêves d’enfant », racontait la comédienne au Télégramme, en 2009. Outre la rencontre artistique avec Gégé, le film en sélection officielle au festival de Cannes, lui vaut sa première nomination aux Césars.

Cette année charnière a également été placée sous le signe des retrouvailles avec le théâtre et un acteur. En 1999, Christine Citti jouait dans Flip ! au théâtre Fontaine et quittait la série P.J. dans laquelle elle interprétait l’épouse d’un lieutenant de police. Sept ans plus tard, elle renoue avec les planches, dans Mademoiselle Julie où elle rejoint Bruno Wolkowitch, qui vient à son tour de quitter le commissariat de Saint-Martin.

Une vocation familiale…

Un divorce de chien

Nés d’un père physicien et d’une mère professeur de physique, Christine et Marc Citti, son frère cadet, se découvrent une vocation commune. Ils seront comédiens. Élèves de Patrice Chéreau au théâtre des Amandiers, leurs parcours s’entrecroisent le temps de quelques tournages. Pour leur premier tandem sur le petit écran, dans Le fou de la tour (1996), ils refondent leur relation fraternelle : lui, en psychopathe en cavale et elle, en sœur protectrice. La même année, ils foulent ensemble la scène du théâtre de la Colline, aux côtés d’anciens sociétaires de la maison de Molière : Michel Aumont et Catherine Hiegel, dans Arloc. Après douze ans de séparation artistique, frère et sœur partagent l’affiche avec Laetitia Casta dans Née en 68 (2008). Plus récemment, ils étaient les deux célibataires du groupe d’amis dans les tumultes d’Un divorce de chien (2010).

Comme un mauvais souvenir

Marion Harlez-Citti, 25 ans, a reçu la passion des planches en héritage et embrasse une carrière de comédienne, comme maman. Mère et fille se sont déjà croisées sur le tournage de Comme un mauvais souvenir (2009). Christine Citti y menait à nouveau l’enquête sur le petit écran, dans la peau d’une avocate tandis que sa fille faisait une brève apparition.

Lorsque Christine Citti réalise son premier – et unique pour le moment – long métrage, Rupture(s), en 1993, elle offre un rôle à Marc et Marion, alors âgée de 6 ans. Pour son héroïne, elle opte pour son amie Emmanuelle Béart. « Pendant des années notre amitié a été fusionnelle. Emmanuelle est la marraine de ma fille, et je suis la marraine de son fils, révélait la comédienne dans Ciné Télé Revue, en 2003. Je connais ses histoire, elle connaît les miennes. Ce n’est pas du tout une amitié d’actrices. » Pour compléter le groupe d’amis qui se remet en question à la suite du suicide de l’une d’entre eux : Michel Piccoli et Anouk Aimée, ses partenaires dans L’amour maudit de Leisenbohg (1991). Christine Citti évoque parfois un retour derrière la caméra, affaire à suivre…

Retour sur un drame occulté de la guerre d’Algérie…

18 Juil

17 octobre 1961, dissimulation d’un massacre, de Daniel Kupferstein, sera projeté demain à 20h30, à L’équitable Café, en présence du cinéaste. Le MRAP 13 (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), est l’instigateur de cette projection, suivie d’un débat, à l’occasion du 50ème anniversaire de la révolution algérienne.

En 1999, l’Assemblée Nationale reconnaît la guerre d’Algérie. Le documentaire remonte le temps et lève le voile sur d’autres « événements ». A l’automne 1961, une manifestation pacifiste est organisée à Paris, contre le couvre-feu instauré par le préfet de police Maurice Papon, à l’attention uniquement des Nord Africains. Entre 20 000 à 50 000 FMA (Français Musulmans d’Algérie), répondent à l’appel. Au cours des échauffourées, des dizaines voire des centaines d’Algériens sont assassinés par les fonctionnaires de police. Un crime occulté pendant quarante ans que le réalisateur met en lumière dans son documentaire, grâce aux témoins, aux manifestants et aux jeunes d’origine algérienne.

Brève réalisée pour le journal La Marseillaise.