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Philippe Poutou : « C’est aux capitalistes de payer la crise »…

18 Avr

« Le minimum syndical qu’on peut faire dans cette élection, c’est dégager ce gouvernement là », a déclaré Philippe Poutou, en meeting, au théâtre Mazenot. A deux jours de la fin de la campagne présidentielle, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste a fait salle comble. Sans fiches et avec aisance, cet ouvrier a tenu un meeting d’abord aux allures d’une revue de presse, puis à celles d’un one man show, notamment lorsque le candidat a expliqué au public que lorsqu’il tendait sa main vers une bouteille d’eau, il s’agissait d’une invitation à applaudir, afin de le laisser boire.

S’excusant, ensuite, de citer Les Echos à plusieurs reprises, Philippe Poutou a confié : « C’est un journal que j’ai appris à lire depuis que je suis candidat ». Heureux d’être crédité à 2% dans un récent sondage, le candidat du NPA a mentionné la presse afin de railler ses adversaires. « Le truc le plus marrant : Sarkozy, le candidat du peuple », s’est gaussé le syndicaliste et ajoutant une allusion à la phrase « nous sommes des gens modestes » de Carla Bruni, sous les rires de l’assemblée.

Le candidat anticapitaliste est revenu sur la crise, au nom de laquelle « on nous fait accepter tous les coups bas ». Il a ensuite ironisé à propos des grandes fortunes françaises et des onze milliardaires supplémentaires que compte le pays cette année. « C’est aux capitalistes de payer la crise parce que c’est leur crise », a considéré l’ouvrier.

Philippe Poutou souhaite répartir les richesses et pour cela, il faudrait « supprimer les reformes fiscales des vingt dernières années ». Il propose également le retour de la retraite à 60 ans – 55 ans pour ceux qui ont un travail pénible – ; la gratuité des transports publics pour tous « notamment pour les trajets maison/boulot » et une augmentation des revenus de 300 euros net par mois. « Sous 1 700 euros net, on ne peut pas vivre aujourd’hui », a estimé le syndicaliste.

Dès mesures qu’attendent les personnes qui l’écoutaient ce soir. « Les gens appellent ça de l’utopie, moi j’appelle ça de l’espoir », a déclaré Laura, étudiante qui a suivi attentivement le meeting. La jeune fille milite à sa façon « en parlant avec les gens » pour qu’ils s’intéressent à la politique et votent « pour Poutou ou un autre ».

Avant d’achever son discours et de chanter L’Internationale, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste a lancé un appel à l’ensemble de la gauche afin de « préparer une riposte unitaire ».

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François Bayrou, « candidat de la vérité »…

15 Avr

« Je suis le candidat de la vérité et de la volonté de la France », a affirmé François Bayrou, en meeting au Silo, à Marseille. Devant près de 2000 personnes, le candidat du MoDem a voulu s’imposer en opposition à ses concurrents qui « ont choisi de raconter des histoires ».

Le député des Pyrénées-Atlantiques a justifié ces mensonges qu’il qualifie d’ « abus de confiance envers les citoyens ». Nicolas Sarkozy « ne veut pas qu’on regarde son bilan de près » a estimé François Bayrou avant d’ajouter « François Hollande a choisi de faire des promesses en l’air ». L’ancien ministre de l’Éducation nationale ne juge pas réalisable la création de postes dans l’enseignement que propose le candidat socialiste.

Si le président du MoDem ne s’est pas attaqué à ses autres adversaires, Saïd Ahamada – porte-parole du parti – avait, en préambule, égratigné Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui « fait du vieux avec du vieux ». François Bayrou a préféré critiquer le fond que la forme. Il a néanmoins fait une allusion aux « meetings qui se veulent monumentaux à Paris », sous les huées de l’assistance, qu’il a tenté de tempérer. Le candidat MoDem a ensuite souligné que « ce n’est pas à la dimension des foules des meetings, qu’on mesure la vérité du discours qu’on y tient ». Il a d’ailleurs proposé, par la suite, de modérer les dépenses en campagne électorale.

A l’instar des ses adversaires, François Bayrou a cité les personnalités présentes au Silo : Christophe Bouchet, ancien président de l’OM ; Jean-Paul Brighelli, essayiste ; Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantique ; Eric Le Dissès, maire de Marignane ; Robert Rochefort ou Rosalie Kerdo.

Après avoir longuement prôné le fait de produire en France, le candidat a plus brièvement énuméré des propositions qui ont réjoui la salle, faisant trembler le sol en tapant des pieds et agitant des drapeaux et pancartes en tous sens. Le député des Pyrénées-Atlantiques souhaite « mettre un terme au cumul des mandats » ; que la présence des élus soit obligatoire à l’Assemblée Nationale ou au Sénat pour qu’ils puissent voter ; rendre publics ces votes et diminuer le nombre de députés et de sénateurs. A une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, le troisième homme de 2007 s’est attardé sur une mesure : la validité du vote blanc, « parce que (voter blanc), c’est un acte citoyen ».

« Nous sommes là pour que la France n’ait pas la gueule de bois le 7 mai », a clamé François Bayrou, en référence à l’article intitulé « 7 mai, gueule de bois » de Jacques Attali. A l’issu de l’élection présidentielle, « nous construirons une majorité nouvelle » a déclaré Jean-Luc Bennahmias. Une projection qu’avait également fait François-Xavier de Peretti. Avant de conclure, le candidat MoDem s’est félicité : « Jamais une seule de nos affirmations n’a pu être mise en défaut dans cette campagne ».

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Jean-Luc Mélenchon : « Pas d’avenir pour la France sans les arabes et les berbères »…

14 Avr

« Notre chance c’est le métissage , a clamé Jean-Luc Mélenchon, sur la plage du Prado, à Marseille. Devant 120 000 personnes – autant qu’à la Bastille-, selon le parti, ce natif de Tanger a longuement abordé les relations entre les pays de la Méditerranée. Le candidat du Font de Gauche considère qu’il n’y a « pas d’avenir pour la France sans les arabes et les berbères du Maghreb », qui ont apporté la science et les mathématiques.

Dans la masse de drapeaux rouges, quelques bannières corses, françaises ou grecques flottaient avec le mistral. L’eurodéputé a plusieurs fois fait référence à la république hellénique, d’abord en citant Homère lorsqu’il a défendu la mer que chantait Tino Rossi, puis en revenant sur la situation actuelle du pays et sur le vote qui s’y tiendra en mai.

« La République a deux piliers : l’école et les médias », a jugé le candidat du Front de gauche. Ensuite, le candidat s’est attaqué à deux hebdomadaire nationaux : L’Express, «le plus extrémiste» et Le Nouvel Obs, « médiocre hebdomadaire de la réaction », tout en se vantant d’être « le deuxième candidat préféré des journalistes ».

Après ses rassemblements à la Bastille et sur la place du Capitole, Jean-Luc Mélenchon a ironisé à propos des meetings en plein air de Nicolas Sarkozy, sur la place de la Concorde et de François Hollande « dans les bois » de Vincennes. « Nous avons créé une mode », s’est targué le candidat du Front de gauche, qui n’a reçu que tardivement l’autorisation de tenir son meeting : la « plage au peuple ». Pour conclure son discours, Jean-Luc Mélenchon a cité la chanson « Au printemps de quoi-rêvais-tu ? » de Jean Ferrat avant d’entonner « L’internationale », « La Marseillaise » et « On lâche rien », avec l’assemblée.

Jean-Luc Mélenchon a donné rendez-vous à ses militants, le 19 avril, à Paris. L’objectif du Front de gauche est de devancer Marine Le Pen, le 22 avril prochain. Le parti ne souhaite pas un vote utile qui « nous casse les urnes », a estimé Clémentine Autain.

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Nathalie Arthaud : « Les élections ne changeront rien »…

5 Avr

Natalie Arthaud, François Roche et Isabelle Bonnet

« Interdire les licenciements sous peine d’expropriation » telle est la mesure phare qu’a abordé Nathalie Arthaud, candidate de Lutte Ouvrière, en meeting à Marseille. Devant près de 200 personnes, celle qui se définit comme « la seule candidate communiste dans cette élection » n’a épargné aucun de ses adversaires qui la dépassent dans les sondages. Nathalie Arthaud est revenue sur de nombreuses mesures du quinquennat de Nicolas Sarkozy ainsi que sur ses « promesses sonnantes et trébuchantes » à l’égard des travailleurs.

Après avoir blâmé les personnes contre le vote des immigrés aux élections locale, la successeur d’Arlette Laguiller s’est attaquée à Marine Le Pen. « Elle sait trouver les mots » a déclaré la candidate de Lutte Ouvrière, qui estime que « l’ennemie mortelle pour la classe ouvrière » aime les travailleurs « avec le doigt sur la couture du pantalon ». En outre, Nathalie Arthaud considère que si la présidente du Front National est élue « la classe ouvrière sera mise au pas » tandis que lorsqu’elle imagine François Hollande endosser le rôle de président, elle ne voit aucune mesure en faveur des ouvriers. Le candidat du Parti Socialiste « ne s’est engagé à rien vis à vis des travailleurs ». L’enseignante s’est interrogée sur la campagne de l’ancien premier secrétaire du PS et sur son « audace » à propos du quotient familial puis de l’imposition à 75%, avant une « marche arrière », avant de fustiger le « vote utile » souhaité par les socialistes.

Nathalie Arthaud en meeting au château des fleurs.

Après la droite et la gauche, celle qui se revendique d’un communisme « comme en ont rêvé des milliers d’ouvriers » a éraflé le candidat soutenu par le Parti Communiste Français. « Mélenchon veut faire croire que le salut des travailleurs viendra par un changement de gouvernement » a déclaré l’enseignante, qui ne croit pas au changement par les urnes, mais avoue que le candidat du Front de Gauche « attirera l’électorat populaire de Hollande ». Au delà de l’élection présidentielle, Nathalie Arthaud appelle à l’union dans la lutte pour les travailleurs : développer de nouveaux services publics, instaurer une échelle mobile des salaires, supprimer le secret des affaires et surtout faire baisser le chômage, « fléau des classes populaires, mais pas une fatalité ». 

François Hollande : « Le seul moyen de changer, c’est de changer de président »…

14 Mar

François Hollande

« Le seul moyen de changer, c’est de changer de président, c’est de changer de politique » a déclaré François Hollande lors de son meeting au Dôme de Marseille, devant près de 10 000 personnes. Le candidat PS a prôné le changement, inscrit dans son slogan de campagne et s’est positionné aux antipodes de son adversaire : « Mon premier devoir si je deviens chef de l’État, c’est de protéger les faibles ».

Marseille…

Ce rassemblement, Aurélie Filippetti, député de Moselle et Marie-Arlette Carlotti, conseillère régionale PACA – qui ont animé le début du meeting – l’ont dédié, tout d’abord, aux Fralib, « en lutte depuis 534 jours », mais aussi aux salariés de LyondellBasell et de Net Cacao et aux marins de la SNCM. Ainsi lorsque François Hollande a pris la parole, il a commencé par parler de la cité phocéenne. « J’aime Marseille parce qu’elle est la France ». Une ville que le député de Corrèze a assocé à l’hymne national avant d’aborder les problèmes de chômage et de sécurité qui la touche particulièrement. En 2013, « Je souhaite être le président de la république qui, ici, inaugurera la capitale européenne de la culture » a lancé le candidat, avant de clore sa parenthèse marseillaise.

Manuel Valls

François Hollande s’est ensuite longuement adressé à la jeunesse, qui « n’est pas un fardeau, c’est une chance pour le peuple ». L’occasion d’énoncer certaines de ses propositions, comme le contrat de génération. « Je créerai 150 000 emplois jeunes et je les affecterai essentiellement dans les quartiers ou il y a du chômage ». Pour ceux qui sont déjà sur le marché du travail, le candidat a insisté sur le droit à la formation, notamment pour les personnes qui « ont une faible formation ». François Hollande a reçu une chaleureuse ovation lorsqu’il a abordé le départ à la retraite à 60 ans, pour les travailleurs qui auront cotisé 41 ans.

Puisque le changement que souhaite incarner François Hollande passe par la république, il s’est attardé sur une notion au centre des débats de l’élection présidentielle : la laïcité, « indispensable à la république sociale que je promets de protéger, de défendre contre les assauts ». A cet effet, le candidat veut insérer la loi de séparation de l’église et de l’État de 1905 dans la Constitution. En outre, au delà de changer la France, le député de Corrèze souhaite « changer l’Europe, non pas en nous séparant d’elle, mais en changeant son orientation ». L’Union Européenne ne devrait pas, selon lui, se réduire à des plans d’austérité ou de rigueur.

Ils sont venus…

Marie-Arlette Carlotti et Aurélie Filippetti

Alors qu’il a longuement fustigé son adversaire dans son discours, les deux candidat à la présidence avaient en commun la présence de personnalités dans leurs auditoires. Comme a Villepinte, dimanche, pour le meeting de Nicolas Sarkozy, le candidat PS s’est exprimé devant un parterre de personnalités dont Marc Thiecelin, Charles Berling, Thierry Rey, Pape Diouf, Gérald Dahan des acteurs de Plus belle la vie et Christophe Malavoy, qui a été le premier a prendre la parole sur scène pour « dire du bien d’un candidat qui veut faire du bien à la France ». Du coté des politiques, Michel Vauzelle, président du conseil régional PACA, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’assemblée nationale et Manuel Valls se sont exprimés sur scène avant le discours du candidat, tandis qu’Élisabeth Guigou était présente dans l’assistance.

Avec la victoire de François Mitterand, en 1981, en filigrane tout au long du meeting et en insistant sur l’importance de se déplacer dans les urnes dès le premier tour, le candidat du PS a déclaré « la victoire, nous irons la chercher parce que nous en serons dignes ». François Hollande s’est positionné en candidat du changement en émiettant ses 60 propositions pour la France tout au long de son discours. « Tout sera dit et tout ce qui sera dit, sera fait » a -t-il assuré.  

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Nicolas Sarkozy à Marseille : « Je veux être le candidat du peuple »…

19 Fév

« La vérité ne doit pas faire peur aux Français » a rassuré Nicolas Sarkozy, cet après midi au Parc Chanot. Le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle a discouru devant « plus de quinze milles personnes » selon Jean-François Copé, faisant de la « vérité » et du « courage », les maîtres mots de sa candidature. Le président de la république n’était pas venu seul, puisque François Fillon, Alain Juppé, Nadine Morano, Brice Hortefeux, Nathalie Kosciusko-Morizet, David Douillet et Carla Bruni – ovationnée à son arrivée – assistaient à ce meeting.

« J’ai pris mesure de ce qu’il aurait fallu faire de mieux ou de plus » a avoué le  chef de l’Etat, avant de se targuer à quatre reprises : « Nous avons échappé à une catastrophe ». Ce « nous » dont il parle – François Fillon et son gouvernement – est ovationné. Militants et curieux, debout sur leur sièges, agitent des drapeaux français. Nicolas Sarkozy ajoute ensuite : « la France sortira plus forte de la crise » ce qui laisse perplexe quelques personnes qui buvaient jusque là les paroles de leur candidat dans une liesse générale.

Alors que dans le Hall 1 du Parc Chanot, beaucoup d’adolescents, fervents supporter du président, sont interpellés « Assis ! », le président de la république lance : « Je veux être le candidat du peuple » et pour cela, il souhaite mettre en place des référendums, qui sont « l’esprit de la Ve république » et est favorable à l’instauration de la proportionnelle. 

Alors que dans leurs préambules, Jean-Claude Gaudin et Jean-François Copé ont taclé le candidat socialiste, Nicolas Sarkozy, lui, a exprimé des idées proches de celle de la candidate du Front National, prônant « l’autorité du maître à l’école » et refusant tout « compromis avec les valeurs républicaines ». Des propositions chaleureusement applaudies par l’assemblée. Le candidat UMP égratigne, tout de même, son principal adversaire qui « fait semblant d’être Thatcher à Londres et Mitterand à Paris » avant de justifier sa candidature, en dépit des sondages « quand on risque d’échouer, on risque toujours aussi de réussir ».

Après une heure de discours, Nicolas Sarkozy conclut dans l’euphorie de la salle : « Je vous demande une chose, ce soir, à Marseille, aidez moi ».  

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