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Emmy Award 2012 : C’était cette nuit…

24 Sep

La 64e cérémonie des Primetime Emmy Award s’est déroulée dans la nuit de dimanche à lundi au Nokia Theatre de Los Angeles.

La nouvelle venue Homeland, déjà sacrée aux Golden Globes, a détrônée Mad Men qui visait son cinquième Emmy Award dans la catégorie meilleure série dramatique et pouvait surpasser A la maison blanche, qui a remporté cette même statuette quatre années consécutives, de 2000 à 2003. Du côté du casting, ce sont Damian Lewis et Claire Danes, alias Nicholas Brody et Carrie Mathison dans Homeland, qui ont raflé les Emmys du meilleur acteur et de la meilleure actrice.

Aaron Paul (Breaking Bad) a également remporté la statuette du meilleur acteur dans un second rôle, qu’il avait déjà obtenue en 2010. Malgré le changement de catégorie de Downton Abbey, qui concourrait l’an passé comme téléfilm ou mini série, Maggie Smith a été plébiscitée pour la seconde année consécutive pour son rôle de comtesse douairière de Grantham.

Du côté des séries comiques, Modern Family a remporté son troisième Emmy consécutif. Ses acteurs Eric Stonestreet et Julie Bowen ont reçu les Emmys du meilleur acteur et de la meilleur actrice dans un second rôle. Il avait déjà obtenu cette statuette en 2010 et elle l’an dernier.

Julia Louis Dreyfus a été sacrée meilleure actrice dans une série comique, pour son rôle dans Veep. Cette nouvelle série, encore inédite en France, relate les déboires de de la sénatrice Selina Meyer, qui devient vice-présidente des Etats-Unis. Veep signe le retour de la célèbre Elaine Benes de Seinfield, déjà nommée à treize reprises au Emmy Award et qui a reçu sa troisième statuette.

Sept fois nommé pour son interprétation d’Alan Harper dans Mon oncle Charlie, Jon Cryer a raflé son deuxième Emmy pour ce rôle. En 2009, il recevait celui du meilleur acteur dans un second rôle. Louis C.K., qui partait favori dans la même catégorie a été primé pour le scénario de sa série Louie.

Game Change, qui retrace la campagne du républicain John McCain lors de l’élection présidentielle de 2008, a été sacré meilleur téléfilm ou mini série. Le téléfilm a également été primé pour sa réalisation et son scénario. 

Venus du grand écran, Kevin Costner (Hatfields & McCoys) et Julianne Moore (Game Change) ont remporté les Emmys du meilleur acteur et de la meilleure actrice. Grace à son interprétation de Sarah Palin, la jolie rousse jamais Oscarisée a reçu son premier Emmy.

Séries dramatiques

Meilleure série dramatique :
Boardwalk Empire
Breaking Bad
Downton Abbey
Homeland – remis par Julianne Moore
Mad Men
Le Trône de fer

Meilleur acteur dans une série dramatique :
Hugh Bonneville (Downton Abbey)
Steve Buscemi (Boardwalk Empire)
Bryan Cranston (Breaking Bad)
Michael C. Hall (Dexter)
Jon Hamm (Mad Men)
Damian Lewis (Homeland) – remis par Julianna Margulies

Meilleure actrice dans une série dramatique ;
Kathy Bates (Harry’s Law)
Glenn Close (Damages)
Claire Danes (Homeland) – remis par Tina Fey et Jon Hamm
Michelle Dockery (Downton Abbey)
Julianna Margulies (The Good Wife)
Elisabeth Moss (Mad Men)

Meilleur acteur dans un second rôle dans une série dramatique :
Jim Carter (Downton Abbey)
Brendan Coyle (Downton Abbey)
Peter Dinklage (Le Trône de fer)
Giancarlo Esposito (Breaking Bad)
Jared Harris (Mad Men)
Aaron Paul (Breaking Bad) – remis par Claire Danes

Meilleure actrice dans un second rôle dans une série dramatique :
Christine Baranski (The Good Wife)
Joanne Froggatt (Downton Abbey)
Anna Gunn (Breaking Bad)
Christina Hendricks (Mad Men)
Archie Panjabi (The Good Wife)
Maggie Smith (Downton Abbey)

Meilleur acteur invité dans une série dramatique :
Dylan Baker (The Good Wife)
Jeremy Davies (Justified)
Ben Feldman (Mad Men)
Michael J. Fox (The Good Wife)
Mark Margolis (Breaking Bad)
Jason Ritter (Parenthood)

Meilleure actrice invitée dans une série dramatique :
Joan Cusack (Shameless)
Loretta Devine (Grey’s Anatomy)
Julia Ormond (Mad Men)
Martha Plimpton (The Good Wife)
Jean Smart (Harry’s Law)
Uma Thurman (Smash)

Meilleure réalisation pour une série dramatique :
Phil Abraham (Mad Men, épisode « The other woman »)
Michael Cuesta (Homeland, épisode « Le retour »)
Vince Gilligan (Breaking Bad, épisode « Mat »)
Brian Percival (Downton Abbey, épisode « Episode 7 »)
Tim Van Patten (Boardwalk Empire, épisode « Aux disparus ») – remis par Martha Plimpton et Jeremy Davies

Meilleur scénario pour une série dramatique :
Semi Chellas et Matthew Weiner (Mad Men, épisode « États seconds »)
Semi Chellas et Matthew Weiner (Mad Men, épisode « The other woman »)
Julian Fellowes (Downton Abbey, épisode « Episode 7 »)
Alex Gansa, Howard Gordon et Gideon Raff (Homeland, épisode « Le retour »)
Andre Jacquemetton et Maria Jacquemetton (Mad Men, épisode « Commissions and fees »)

Séries comiques

Meilleure série comique :
30 Rock
The Big Bang Theory
Larry et son nombril
Girls
Modern Family – remis par Michael J. Fox
Veep

Meilleur acteur dans une série comique :
Alec Baldwin (30 Rock)
Louis C.K. (Louie)
Don Cheadle (House of Lies)
Jon Cryer (Mon oncle Charlie) – remis par Mindy Kaling et Melissa McCarthy
Larry David (Larry et son nombril)
Jim Parsons (The Big Bang Theory)

Meilleure actrice dans une série comique :
Zooey Deschanel (New Girl)
Lena Dunham (Girls)
Edie Falco (Nurse Jackie)
Tina Fey (30 Rock)
Julia Louis-Dreyfus (Veep) – remis par Stephen Colbert
Melissa McCarthy (Mike and Molly)
Amy Poehler (Parks and Recreation)

Meilleur acteur dans un second rôle dans une série comique :
Ty Burrell (Modern Family)
Jesse Tyler Ferguson (Modern Family)
Max Greenfield (New Girl)
Bill Hader (Saturday Night Live)
Ed O’Neill (Modern Family)
Eric Stonestreet (Modern Family) – remis par Amy Poehler et Louis C.K.

Meilleure actrice dans un second rôle dans une série comique :
Mayim Bialik (The Big Bang Theory)
Julie Bowen (Modern Family) – remis par Kat Dennings et Jon Cryer
Kathryn Joosten (Desperate Housewives)
Sofia Vergara (Modern Family)
Merritt Wever (Nurse Jackie)
Kristen Wiig (Saturday Night Live)

Meilleur acteur invité dans une série comique :
Will Arnett (30 Rock)
Bobby Cannavale (Nurse Jackie)
Jimmy Fallon (Saturday Night Live)
Michael J. Fox (Larry et son nombril)
Jon Hamm (30 Rock)
Greg Kinnear (Modern Family)

Meilleure actrice invitée dans une série comique :
Kathy Bates (Mon oncle Charlie)
Elizabeth Banks (30 Rock)
Margaret Cho (30 Rock)
Dot-Marie Jones (Glee)
Melissa McCarthy (Saturday Night Live)
Maya Rudolph (Saturday Night Live)

Meilleure réalisation pour une série comique :
Louis C.K. (Louie, épisode « Duckling »)
Lena Dunham (Girls, épisode « Elle l’a fait »)
Jake Kasdan (New Girl, épisode « Pilot »)
Steven Levitan (Modern Family, épisode « Bébé à bord ») – remis par Kathy Bates et Jimmy Fallon
Robert B. Weide (Larry et son nombril, épisode « Palestinian Chicken »)
Jason Winer (Modern Family, épisode « Une gentille petite poupée »)

Meilleur scénario pour une série comique :
Louis C.K. (Louie, épisode « Pregnant ») – remis par Zooey Deschanel et Jim Parsons
Lena Dunham (Girls, épisode « Pilote »)
Chris McKenna (Community, épisode « Remedial Chaos Theory »)
Amy Poehler (Parks and Recreation, épisode « The Debate »)
Michael Schur (Parks and Recreation, épisode « Win, Lose or Draw »)

Mini-séries et téléfilms

Meilleure mini-série ou meilleur téléfilm :
American Horror Story
Game Change – remis par Andre Braugher
Hatfields & McCoys
Hemingway & Gellhorn
Luther
Sherlock : Un scandale à Buckingham

Meilleur acteur dans une mini-série ou un téléfilm :
Kevin Costner (Hatfields & McCoys) – remis par Ginnifer Goodwin et Emily VanCamp
Benedict Cumberbatch (Sherlock : Un scandale à Buckingham)
Idris Elba (Luther)
Woody Harrelson (Game Change)
Clive Owen (Hemingway & Gellhorn)
Bill Paxton (Hatfields & McCoys)

Meilleure actrice dans une mini-série ou un téléfilm :
Connie Britton (American Horror Story)
Ashley Judd (Missing)
Nicole Kidman (Hemingway & Gellhorn)
Julianne Moore (Game Change) – remis par Lucy Liu et Kiefer Sutherland
Emma Thompson (The Song of Lunch)

Meilleur acteur dans un second rôle dans une mini-série ou un téléfilm :
Tom Berenger (Hatfields & McCoys) – remis par Keery Washington
Martin Freeman (Sherlock : Un scandale à Buckingham)
Ed Harris (Game Change)
Denis O’Hare (American Horror Story)
David Strathairn (Hemingway & Gellhorn)

Meilleure actrice dans un second rôle dans une mini-série ou un téléfilm :
Frances Conroy (American Horror Story)
Judy Davis (Page Eight)
Jessica Lange (American Horror Story) – remis par Steve Buscemi
Sarah Paulson (Game Change)
Mare Winningham (Hatfields & McCoys)

Meilleure réalisation pour une mini-série ou un téléfilm :
Philip Kaufman (Hemingway & Gellhorn)
Paul McGuigan (Sherlock : Un scandale à Buckingham)
Sam Miller (Luther)
Jay Roach (Game Change)
Kevin Reynolds (Hatfields & McCoys)

Meilleur scénario pour une mini-série ou un téléfilm :
Neil Cross (Luther)
Ted Mann, Ronald Parker et Bill Kerby (Hatfields & McCoys)
Steven Moffat (Sherlock : Un scandale à Buckingham)
Abi Morgan (The Hour)
Danny Strong (Game Change) – remis par Lucy Liu et Kiefer Sutherland

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Christine Citti, une comédienne clair-obscur…

20 Juil

Ce monde est fou en ce moment pour Christine Citti. L’ancienne héroïne des enquêtes d’Éloïse Rome tourne dans un téléfilm pour France 2 depuis le début de la semaine. Députée, un jour, fleuriste, l’autre, cette rigolote sur les plateaux de tournage, transmet toujours une émotion juste dans sa placidité ou son exubérance.

Un minois plus qu’un nom…

Les enquêtes d’Éloïse Rome

La pétulante blonde fait une percée dans le cœur des téléspectateurs avec Les enquêtes d’Éloïse Rome (2001-2005), où elle revêt le costume d’une sagace capitaine de police que Jean-Baptiste Martin, en jeune lieutenant, a parfois du mal à suivre dans ses élucubrations. « Elle a un côté « Robocop » au boulot, et un côté « Martine fait des châteaux à la plage » dans sa vie privée », décrivait Christine Citti au journal L’Humanité, en 2000. Après quatre saisons de bons et loyaux services, l’accro aux chouquettes vogue vers de nouveaux horizons. La traversée fut relativement longue avant que son minois ne réapparaisse sur le petit écran.

Juliette et sa Drôle de famille

Amincie et brune, Christine Citti renoue avec les rôles réguliers avec la saga Le réveillon des bonnes (2007). En décembre 1918, la fantasque devient l’insoumise, Marie. Alors que les quatre bonnes d’un immeuble bourgeois s’affairent aux préparatifs du réveillon de Noël, Marie se met en grève. « C’est une petite rebelle, à bout. Elle porte la mort de son mari et ses enfants sur ses épaules. Elle est déterminée mais n’a pas de conscience politique », dépeignait Christine Citti dans un entretien au Figaro, en 2007. Celle qui a découvert le bouddhisme après un énorme chagrin d’amour se lance dans une nouvelle aventure en 2009. Retour à l’époque contemporaine avec Juliette, sa Drôle de famille et de nouveaux problèmes du quotidien : Trois célibataires avec enfants, accablés par le désastreux constat de leur vie et par les soucis financiers, décident de vivre en collocation.

Clash

La cougar de cette fiction vient d’achever le tournage du quatrième volet de la série à Marrakech, après celui de Clash (2012), une série sur les relations entre les adolescents et leur parents. La mère de Marion, Joséphine et Ferdinand y interprète celle de Dylan, un garçon sensible et rêveur et Kelly, en conflit perpétuel avec elle. Cette employée dans une boutique de lingerie, criblée de dettes et souffrant de solitude, sourit à la vie. « Elle est dans le déni. Elle est comme Strauss Kahn », plaisantait la blonde – perruquée cette fois – pulpeuse sur le tournage.

Un manque…

La comédienne brûlera les planches au côté de Jacques Weber dans Le prix Martin, en 2013, elle retrouvera les loges du théâtre de l’Odéon, qui furent les siennes en 1987, lorsqu’elle jouait dans La ronde d’Arthur Schnitzler. Comme un premier amour qui ne s’oublie pas, elle a eu ses premiers émois de comédienne au théâtre et retombe régulièrement dans ses bras. Son dernier flirt avec la scène c’était toutefois lors d’un vaudeville, Les fiancés de Loches (2009) de Georges Feydeau, dans une adaptation très moderne et haute en couleur.

Tout a commencé par une tendre passion avec Anton Tchekhov. L’un des meilleur souvenir de la comédienne d’une jeune fille qui a décliné le sentiment amoureux au travers de trois pièces du dramaturge russe. L’amour est sans retour dans Les trois sœurs (1988), mis en scène par Maurice Benichou, au festival d’Avignon, où la benjamine Irina sacrifie ses illusions et se résout à épouser un homme par dépit. L’amour est salvateur pour la jeune Sacha désireuse d’ extirper Didier Sandre de sa mélancolie dans Ivanov (1988), sous la direction de Pierre Romans, au théâtre des Amandiers-Nanterre, puis sous celle d’Arnaud Sélignac en 1990, pour l’adaptation télévisuelle. Enfin, l’amour est simulé et utile pour Nina, qui se rapproche d’un Michael Lonsdale qui pourrait lui servir dans sa future carrière dans La Mouette (1993), mis en scène par Michel Fagadau, au théâtre de Boulogne-Billancourt.

Le petit écran éloigne un temps Christine Citti des représentations. Ce petit bout de femme y incarne une Aurore Dupin de 26 ans qui s’ennuyant à Nohant auprès de son mari, va devenir George Sand, une femme libre (1994). La comédienne accepte ensuite de prendre du poids pour interpréter Sophie, une cuisinière complexée par ses rondeurs surtout depuis qu’elle a appris que son mari l’avait trompé avec une fille filiforme dans Une grosse bouchée d’amour (1998). La jeune femme au regard intense a longtemps affirmé qu’elle se sentait bien dans son corps tout en endossant les traits de personnages mal dans le leur ou raillées, à l’instar de Rosalie. Cette pompiste planifie son départ du domicile familial en raison des reproches incessants de sa belle-mère au sujet de ses kilos superflus, dans Rosalie s’en va (2005).

Une habituée des seconds rôles…

Christine Citti personnifie souvent « l’épaule pour pleurer » de Jeanette, l’amie et indéfectible soutien de Marie Trintignant, dans Victoire ou la douleur des femmes (2000), à Muriel, la confidente de Natacha Amal, dans Mes deux maris (2005), en passant par Didou, la copine de Catherine Jacob, qui l’assiste dans sa reconversion de chauffeur de taxi en auteur de bestseller, dans La double vie de Jeanne (2000).

« J’ai beaucoup joué les meilleures amies, les femmes trompées, les ex-femmes… Je n’avais jamais incarné au cinéma l’être aimé. Là, avec Suzanne, Viviane Candas m’a redonné une sorte de légitimité, cela ne pouvait pas tomber mieux dans ma vie », confiait la comédienne dans les colonnes de Libération, en 2007. Cette fille de pieds-noirs née en France, à l’automne 1962, ses parents tout juste rapatriés d’Algérie incarne Suzanne, une grecque discrète, sensuelle et pudique qui va faire chavirer le cœur de l’ancien professeur de lettre classique qu’est Patrick Bauchau, abattu par le deuil de sa femme et la réouverture d’une profonde blessure liée à la guerre d’Algérie. Elle n’est pas de son monde, ni de son âge, mais sera son dernier amour. Le film a été accueilli dans l’intimité de quelques salles, avec une critique mitigée sur le traitement du sujet pourtant unanime sur le jeu impeccable de la comédienne.

Dans sa quête de légitimité, cette femme aux multiples facettes est passée devant la caméra de Claude et Nathan Miller, dans Je suis heureux que ma mère soit vivante (2008) et de Claude Lelouch, dans Ces amours-là (2010). Mère adoptive d’un adolescent qui traque, sans relâche, sa mère biologique, dans l’un, empoisonneuse, dans l’autre.

De l’ombre à la lumière…

Camping 2

« C’est vrai, j’ai fait pas mal de choses avant Éloïse Rome, dont le public ne se doute même pas. Mais je n’ai jamais cherché à être connue », confessait Christine Citti au journal Le Parisien, en 2002. (Re)connue depuis le succès de la série policière de France 2, les spectateurs l’ont redécouvert après sa métamorphose. La plantureuse blonde jouissait d’une certaine notoriété, par le biais du petit écran, la svelte brune crève le grand – dans un rôle secondaire – sous la direction de Fabien Onteniente. La comédienne n’a rien perdu de son regard de braise et des son sourire malicieux lorsqu’elle devient Madame Chatel, la directrice du camping les Flots Bleus dans Camping (2006), puis dans Camping 2 (2010).

Quand j’étais chanteur

En parallèle du succès au box office, une satisfaction personnelle, avec la sortie en salles de Quand j’étais chanteur. Christine Citti y incarne l’ex femme de Gérard Depardieu. « C’était un de mes rêves d’enfant », racontait la comédienne au Télégramme, en 2009. Outre la rencontre artistique avec Gégé, le film en sélection officielle au festival de Cannes, lui vaut sa première nomination aux Césars.

Cette année charnière a également été placée sous le signe des retrouvailles avec le théâtre et un acteur. En 1999, Christine Citti jouait dans Flip ! au théâtre Fontaine et quittait la série P.J. dans laquelle elle interprétait l’épouse d’un lieutenant de police. Sept ans plus tard, elle renoue avec les planches, dans Mademoiselle Julie où elle rejoint Bruno Wolkowitch, qui vient à son tour de quitter le commissariat de Saint-Martin.

Une vocation familiale…

Un divorce de chien

Nés d’un père physicien et d’une mère professeur de physique, Christine et Marc Citti, son frère cadet, se découvrent une vocation commune. Ils seront comédiens. Élèves de Patrice Chéreau au théâtre des Amandiers, leurs parcours s’entrecroisent le temps de quelques tournages. Pour leur premier tandem sur le petit écran, dans Le fou de la tour (1996), ils refondent leur relation fraternelle : lui, en psychopathe en cavale et elle, en sœur protectrice. La même année, ils foulent ensemble la scène du théâtre de la Colline, aux côtés d’anciens sociétaires de la maison de Molière : Michel Aumont et Catherine Hiegel, dans Arloc. Après douze ans de séparation artistique, frère et sœur partagent l’affiche avec Laetitia Casta dans Née en 68 (2008). Plus récemment, ils étaient les deux célibataires du groupe d’amis dans les tumultes d’Un divorce de chien (2010).

Comme un mauvais souvenir

Marion Harlez-Citti, 25 ans, a reçu la passion des planches en héritage et embrasse une carrière de comédienne, comme maman. Mère et fille se sont déjà croisées sur le tournage de Comme un mauvais souvenir (2009). Christine Citti y menait à nouveau l’enquête sur le petit écran, dans la peau d’une avocate tandis que sa fille faisait une brève apparition.

Lorsque Christine Citti réalise son premier – et unique pour le moment – long métrage, Rupture(s), en 1993, elle offre un rôle à Marc et Marion, alors âgée de 6 ans. Pour son héroïne, elle opte pour son amie Emmanuelle Béart. « Pendant des années notre amitié a été fusionnelle. Emmanuelle est la marraine de ma fille, et je suis la marraine de son fils, révélait la comédienne dans Ciné Télé Revue, en 2003. Je connais ses histoire, elle connaît les miennes. Ce n’est pas du tout une amitié d’actrices. » Pour compléter le groupe d’amis qui se remet en question à la suite du suicide de l’une d’entre eux : Michel Piccoli et Anouk Aimée, ses partenaires dans L’amour maudit de Leisenbohg (1991). Christine Citti évoque parfois un retour derrière la caméra, affaire à suivre…

Clémentine Célarié, une actrice libre…

13 Juil

« Je suis née en Afrique noire, j’y ai vécu douze ans, et me sens africaine… plus noire que blanche », explique Clémentine Célarié dans la note d’intention de la pièce qu’elle joue actuellement sur les planches d’Avignon. Seule en scène, Meryem (son prénom) entre Dans la peau d’un noir. Cet homme, c’est John Howard Griffin, auteur du récit Black like me, dont est adapté la pièce. En 1959, le journaliste américain s’est exposé à des rayons ultraviolets pour se brunir la peau avant de passer six semaines dan le sud des États-Unis afin de dénoncer la ségrégation raciale subie par les noirs. « Son témoignage est un cri d’alarme universel en même temps qu’un appel au respect de l’autre et de sa différence. »

Sur scène, Clémentine Célarié a l’habitude d’incarner des femmes à poigne. Sous la direction d’Alain Sachs, la comédienne a tenu les rôles titres dans Madame Sans-Gêne, au théâtre Antoine en 2001 et 2011, puis dans Calamity Jane, en 2012. D’une blanchisseuse au franc-parler mariée à un maréchal d’Empire à une féministe avant-gardiste qui tente une métamorphose en épouse modèle, Clémentine Célarié n’a pas besoin de composer pour refléter cette obsession de liberté qui est la sienne. Un état qui transparait également à la télévision, notamment en 2011 lorsque l’actrice endosse le costume de l’instigatrice de la fermeture des maisons closes, dans le téléfilm Marthe Richard.

Les Bleus premiers pas dans la police

Le public connait la pétillante rousse de part ses rôles récurrents sur le petit écran. En 2004, elle était l’une des héroïnes de la saga de l’été de France 2, Le miroir de l’eau, avec Line Renaud et Cristiana Réali. L’actrice a ensuite campé le rôle du commissaire Nicole Mercier dans Les Bleus, premiers pas dans la police, pendant trois saisons. Sentant l’appel de cette liberté qui guide ses choix, l’actrice a annoncé : « Mon personnage me plaisait bien et je suis entourée d’excellents comédiens, mais il faut que je passe à autre chose ». M6 a finalement renoncé à poursuivre la série.

Pour se délier de toutes chaînes, quoi de mieux que de créer soi même son propre spectacle, entouré de son père et de ses fils. « Mon cabaret est métisse il mêle des talents de différents âges, cultures, disciplines », confiait Clémentine Célarié, en 2004, à propos de son show familial, Mon cabaret.

Après quelques spectacles seule, l’actrice retrouve des partenaires. Elle organise son divorce avec Jean Reno, dans Les grandes occasions (2006), au théâtre Édouard VII puis met à l’épreuve Tchécky Karyo dans La tectonique des sentiments (2008) d’Eric-Emmanuel Schmitt, au théatre Marigny. En 2009, la comédienne monte sur les planches du théâtre Hébertot pour une pièce plus « classique », de Carlo Goldoni. Dans la peau de Coraline, servante dévouée dans La serva amorosa, la comédienne donnait la réplique à deux figures incontournables du théâtre : Robert Hirsch et Claire Nadeau.

Les adoptés

Sur le grand écran, Clémentine Célarié a une carrière bien remplie, notamment au rayon des comédies : Bijou dans Les Braqueuses (1994), Gloria dans Les sœurs soleil (1997) ou Viviane dans Le siffleur (2010). En outre, elle était la Fantine des Misérables (1995) à la sauce de Claude Lelouch. Plus récemment, elle a interprété la mère de Mélanie Laurent dans Les adoptés (2011), le premier film de cette dernière.

Clémentine Célarié est aussi une femme engagée. La vidéo de son baiser à un garçon séropositif sur un plateau de télévision, en 1994, avait heurté et est souvent rediffusé lors des émissions de lutte contre le sida. Depuis peu, c’est sur le plan politique, qu’elle s’est engagée, en apportant son soutien François Hollande durant la campagne présidentielle. Surexcitée, l’actrice a fêté la victoire du nouveau président de la république, place de la Bastille, le 6 mai dernier, clamant : « Je ressens ce que c’est que d’être libre » au micro de France 2.

Dans la peau d’un noir
Festival OFF d’Avignon / Théâtre du chien qui fume
Jusqu’au 28 juillet, à 19h.

Festival de Monte Carlo : Un palmarès international…

15 Juin

La nymphe d’or érigée à l’entrée du Grimaldi Forum.

Le 52e festival de télévision de Monte-Carlo, qui avait débuté le 10 juin dernier, s’est achevé hier par la cérémonie de remise des nymphes d »or, en présence du prince Albert II.

La presse avait, quant à elle, déjà décerné ses prix dimanche, sacrant Game of Thrones, meilleure série dramatique internationale, Modern Family, meilleure série comique internationale et Les hommes de l’ombre, meilleure série française. 

Films de télévision

Le jury était composé de l’actrice américaine Rosanna Arquette (présidente du jury) ; le producteur japonais Makoto Kiyohiro, l’acteur italien Massimo Poggio ; l’actrice/productrice française Corinne Touzet et l’actrice argentine Sandra Vidal.

meilleur film de télévision : The Last Fine Day (Allemagne)
meilleur réalisateur : Masato Harada pour Early Autumn (Japon)
meilleur acteur : Woody Harrelson dans Game Change (USA)
meilleure actrice : Christine Neubauer dans Hanna’s Decision (Allemagne)

Mini-Séries

Le jury était composé du réalisateur/ acteur/producteur français Jean-Marc Barr (président du Jury) ; la cinéaste indépendante/poétesse émirienne Nujoom Alghanem ; l’actrice américaine Alison Arngrim ; l’actrice britannique Michelle Collins et l’acteur espagnol Lluis Homar.

meilleure mini-série : Yasu – A Single Father’s Story (Japon)
meilleur acteur : Julien Boisselier dans Henry of Navarre (Allemagne)
meilleure actrice : Emily Watson dans Appropriate Adult (Royaume-Uni)

Actualités

meilleur grand reportage d’actualités : Terror Island, TV2 Norway (Norvège) et Bahrain shouting in the dark, Al Jazeera English (Qatar)
meilleur reportage du journal télévisé : Inside Homs, Sky News (Royaume-Uni)
meilleur programme d’actualités 24 heures/24 : The fall of Tripoli, Sky News (Royaume-Uni)

Séries TV

Le jury était composé du producteur américain Josh Schwartz (président du jury) ; la productrice française Laurence Bachman ; la productrice danoise Piv Bernth ; le producteur italien Nicola de Angelis et le producteur Colin Rogers.

  • dramatique

meilleur producteur international : David Benioff, D.B. Weiss, Frank Doelger et Carolyn Strauss, Home Box Office pour Game of Thrones (USA)
meilleur producteur européen : Guido De Angelis, Nicola De Angelis et Ciaran Donnelly, DAP Italy SLR pour Titanic Blood & Steel (Italie)
meilleur acteur : Henning Baum dans The Last Cop (Allemagne)
meilleure actrice : Mille Dinesen dans Rita (Danemark)

  • comique

meilleur producteur international : Christopher Lloyd et Steve Levitan, Twentieth Century Fox TV Distribution pour Modern Family (USA)
meilleur producteur européen : Joey Faré, Scarlett Production pour Kaboul Kitchen (France)
meilleur acteur : Jason Priestley dans Call me Fitz (USA)
meilleure actrice : Tina Fey dans 30 Rock (USA)

Audience TV Internationale

meilleure série TV dramatique : Les experts (USA)
meilleure série TV comédie : Desperate Housewives (USA)
meilleure Telenovela/Soap Opera : Amour, gloire et beauté (USA)

Prix spéciaux 

Prix spécial prince Rainier III : Dirty Waters, Folke Ryden Production AB (Suède)
Prix URTI/Grand prix international du documentaire d’auteur : Sayome, ERT (Grèce)
Prix AMADE : Correspondent – Women in Kabul, SVT – Sveriges Television (Suède)
Prix du comité international de la Croix-Rouge : Irak : Les enfants sacrifiés de Falluja, Baozi Prod (France)
Prix Signis : The Last Fine Day, Hager Moss Film (Allemagne)
Prix de la Croix-Rouge monégasque : Hanna’s Decision, Wega FilmProduktionsGESMBH (Allemagne)

4 jours de festival…

Eva Longoria à la sortie de son hôtel, le 12 juin 2012.

Dimanche, avant la cérémonie d’ouverture, les séries françaises étaient à l’honneur avec les projections publiques de Scènes de ménages et de Mes amis, mes amours mes emmerdes, suivies de séances de dédicaces des acteurs. Après les séries comiques, place au soap opéra lundi, Amour, gloire et beauté, célébrait ses 25 ans et un épisode inédit de Downton Abbey était projeté en soirée. 

Mardi, c’était une journée spéciale Dick Wolf et New York : Unité spéciale et si une séance de dédicace du frenchy Gilles Marini était prévue au programme, l’arrivée d’Eva Longoria à Monte-Carlo représentait la principale attraction de l’après-midi.

Mercredi, les monégasques avaient rendez vous avec le casting de Plus belle la vie, avant une soirée de projections en avant-première d ‘un épisode de Veep et de Glee.

Retrouvez plus de photos du festival

Béatrice Agenin, une comédienne accomplie…

2 Nov

Jean-François Balmer et Béatrice Agenin dans Henri IV, le bien aimé

« Je revendique ma place d’épouse, de reine » explique Béatrice Agenin pour décrire la Marie de Médicis qu’elle incarne au théâtre dans Henri IV le bien aimé de Daniel Colas. « L’objectif du personnage c’est d’être couronné reine de France, si elle n’est pas sacrée elle n’a pas la légitimité ». Dans la pièce, l’épouse d’Henri IV est reine, par son mariage, mais craint d’être déchue à cause des multiples maîtresses de son époux. Un rôle aux antipodes du précédent. En effet, avant d’être la mère de Louis XIII, elle était sa veuve, Anne d’Autriche à l’occasion de la tournée de le pièce Le diable rouge d’Anthoine Rault, aux côtés d’un ambitieux cardinal Mazarin, interprété par Claude Rich.

Fraîchement sortie du Conservatoire, Béatrice Agenin entre dans le monde du théâtre par la grande porte en 1974, dans la maison de Molière. Aux côtés de Michel Aumont, Françoise Seigner ou Francis Huster, elle brule les planches du Français, en interprétant Elise dans L’avare, Silvia dans Le jeu de l’amour et du hasard, Célimène dans Le misanthrope ou Camille dans On ne badine pas avec l’amour.

Béatrice Agenin et Yane Mareine dans En allant à Saint Ives

Toutefois « Je m’y trouvais absolument à ma place dans ce voyage à travers les mots, mais j’étais plus aventureuse que ne le proposait la structure, j’avais besoin de respirer » confie la comédienne qui a quitté le maison de Molière en 1984. Elle quitte sa demeure sans quitter l’homme, incapable de se résigner à l’abandon du classique. C’est ainsi que pour sa seconde mise en scène, elle s’attaque à Les femmes savantes ou elle incarne Armande, « une idéaliste qui sacralise l’amour et suit en cela fidèlement la doctrine de l’époque ».

Sa « liberté » retrouvée, la comédienne s’attaque à la mise en scène. Elle monte d’abord Indépendance de Lee Blessing et y interprète Kim, une femme qui s’est échappée de l’emprise de sa mère et veut que ses deux sœurs fassent de même. Pour cette première mise en scène, son mari signe l’adaptation des textes de l’auteur américain. Onze ans plus tard, le couple réitère sa collaboration pour la pièce du même auteur, En allant à Saint Ives. Béatrice Agenin partage cette fois la scène avec Yane Mareine, pour un tête à tête entre deux mères, la première en deuil d’un fils, l’autre voulant assassiner le sien, dictateur d’un petit pays africain.

Son rôle de metteur en scène, la comédienne l’a surtout endossé afin de retrouver les auteurs classiques qu’elle affectionne tant. Après Molière, elle s’est attelée à Marivaux et aux pièces en un acte Les sincères et L’épreuve. Dans la première, elle joue la marquise qui méprise les flatteurs et apprécie la conversation d’Ergaste (Maxime Leroux), seul homme sincère qu’elle connaisse. Dans la seconde, elle est Madame Argante, la mère d’Angélique, une jeune fille à laquelle son prétendant fait subir l’épreuve de l’amour, pour tester ses sentiments.

Jean-Paul Belmondo et Béatrice Agenin dans Tailleur pour dames

Si à la ville, elle fut la compagne de Bernard Giraudeau son camarade du Conservatoire, à la scène, elle fut celle de Jean-Paul Belmondo à plusieurs reprises. En 1987, le célèbre acteur fait son retour sur les planches après 27 ans d’absence, dans la pièce de Jean-Paul Sartre, Kean. La comédienne fait partie de l’aventure et joue Elena une jeune femme éprise du personnage interprété par Jean-Paul Belmondo au point de vouloir tout quitter pour lui. Quelques années plus tard, dans Cyrano de Bergerac, sous la direction de Robert Hossein, les comédiens intervertissent les rôles et elle devient la Roxanne de Belmondo qui interprète le héros de la pièce. Sous la direction de Bernard Murat, dans des pièces de Georges Feydeau, ils incarnent un couple illégitime dans Tailleur pour dames puis légitime dans La puce à l’oreille.

Devant la caméra de Claude Lelouch dans Itinéraire d’un enfant gâté elle endosse le rôle de sa première épouse. « C’est un homme extrêmement attachant, mais là encore je me suis retrouvée sous l’emprise d’une très grosse institution » confesse la comédienne quand elle revient sur sa collaboration avec Jean-Paul Belmondo.

Prune Becker

Son visage est surtout connu pour son rôle dans la série Une famille formidable. Depuis 1996, elle y incarne Reine Grenier, une femme d’affaire, amie de la la famille Beaumont. Outre ce personnage récurrent, la femme de théâtre est souvent présente sur le petit écran. En 2004, elle interprète Dorine, la ministre des relation avec le parlement dans la série Avocats et associés. Maitresse d’un des personnages principaux, cette femme insatiable, use de provocation et de chantage pour arriver à ses fins. « J’ai trouvé drôle de camper cette manipulatrice » confesse Béatrice Agenin. Dans les téléfilms, elle joue souvent les rôles de bourgeoises ce qu’elle déplore : « en France, on est un peu dans un tiroir ». En 2005, pourtant, c’est sur le petit écran qu’elle obtient le rôle titre de Prune Becker, une nouvelle vie. Dans cette comédie, elle incarne une psychanalyste en quête d’amour après un divorce.

Michel Vaillant

Sur grand écran, elle joue la compagne de Lino Ventura dans La septième cible et une amie de Caroline Cellier dans L’année des méduses, dans les années 80. Plus récemment elle endosse des seconds rôles dans des films poignants. Dans Michel Vaillant, la comédienne interprétait de mère de Sagamore Stevenin, pilote automobile qui s’apprête à courir les 24h du Mans. « Cette femme vit avec la peur, et cela la rend humaine, émouvante » explique Béatrice Agenin. Dans Cavalcade, elle était la mère de Titoff, tétraplégique à la suite d’un accident de la route.

Jean Piat et Béatrice Agenin dans La maison du lac

Plus de vingt ans après son départ de la Comédie Française, Béatrice Agenin retrouve Jean Piat, sociétaire honoraire du Français dans La maison du lac d’Ernest Thompson. Pour ces retrouvailles, ils interprètent un père et sa fille, en conflit depuis toujours.

Avec une trentaine de pièces et quatre nominations aux Molières à son actif, Mademoiselle continue sa carrière en toute liberté, voguant entre auteurs classiques et contemporains. Béatrice Agenin vient d’achever le tournage de la neuvième saison d’Une famille formidable et partira en tournée avec la pièce Henri IV le bien aimé, aux côtés de Jean-François Balmer. Son prochain projet : réaliser la mise en scène de Macbeth de William Shakespeare…

Henri IV le bien aimé
au Théâtre du Gymnase, à Marseille
du 29 mai au 9 juin 2012
mardi, jeudi, vendredi et samedi à 20h30 et mercredi à 19h
Texte et mise en scène de Daniel Colas
Avec Jean-François Balmer, Béatrice Agenin, Coralie Audret, Maxime d’Aboville, Xavier Lafitte, Hubert Drac, Philippe Rigot, Maud Baecker…

Geneviève Casile, reine absolue du théâtre français…

18 Mar

Geneviève Casile, un nom peu connu… Pour autant, ce « monstre sacré » du théâtre, célèbre cette année ses quarante ans de carrière. Sociétaire honoraire de la Comédie Française, elle brûle toujours les planches. 

Geneviève Casile et Davy Sardou dans Léocadia

Lors de la dernière rentrée théâtrale, la comédienne était une duchesse excentrique, qui vient en aide à son neveu, Davy Sardou, dans Léocadia, de Jean Anouilh. Pourtant, la grande dame n’avait pu assurer la tournée de la pièce Le diable rouge et était absence de la scène la saison dernière. Mais son rôle a été repris à la hauteur de sa prestation par une de ses consœur du Français, Béatrice Agenin.

Mademoiselle Casile est devenue une comédienne reconnue pour son talent et son ton. Pourtant, à ses débuts, elle se prédestinait plutôt à la danse et à la musique. « Je n’ai jamais voulu faire de théâtre. J’ai fait des études musicales, du piano, j’avais un bon niveau mais pas une passion suffisante. Par contre, j’adorais la danse. Et comme j’avais un joli physique, j’ai très vite travaillé, avec Roland Petit et Maurice Béjart. J’ai fait aussi un peu de mannequinat à l’époque. C’est ma mère, qui était comédienne, qui m’a envoyée au cours de René Simon. Je suis entrée au Conservatoire. J’avais des dons naturels, je crois, une justesse de ton. »

En 1961, Geneviève Casile passe le concours du Conservatoire national de Paris. Premier prix de comédie classique pour son interprétation de Sylvia dans Le jeu de l’amour et du hasard de Marivaux. Premier prix de comédie moderne pour son interprétation de Inès de Castro dans La reine morte de Montherlant. Premier prix de tragédie pour son interprétation de l’infante dans Le Cid de Corneille. Elle entre directement à la Comédie Française. 

Au cours de ses trente deux années passées dans maison de Molière, Geneviève Casile s’est illustrée en interprétant un large panel de reines. A l’opposé de Françoise Seigner qui fut la servante dans cette même maison. Mademoiselle Casile avoue elle-même avoir souvent joué « des femmes assez graves, avec pas mal de couronnes ». La quatre cent quarante et unième sociétaire de la Comédie Française fut reine dans Marie Stuart, Ruy-BlasHernaniBarberine ou encore Le verre d’eau ou les effets et les causes.

Cependant la grande dame a « joué aussi des choses drôles », comme Nini Galant dans Un fil à la patte ou La baronne dans La dame de chez Maxim de Georges Feydeau. Une seule fois, « j’ai joué une pute », dans Le balcon de Jean Genet. Mais dans la maison de Molière, honneur au maitre, Geneviève Casile a été Elise dans L’avare ; Eliante, Célimène puis Arsinoé dans Le misanthrope ; Alcmène dans Amphitryon ; Dorimène dans Le bourgeois gentilhomme ; Elvire dans Dom Juan ; Armande dans Les femmes savantes ; Elmire dans Tartuffe et Madeleine Béjart dans L’impromptu de Versailles.

En 1993, Mademoiselle Casile donne sa démission à Jacques Lassalle. « Je ne supportais plus les murs, je ne supportais plus ma loge qui était pourtant magnifique, j’en étais venue à détester le buste de Molière dans le hall. C’était physique, comme une maladie de peau. Je ne me suis toujours pas expliqué ce qui s’est passé. Mais il fallait que je parte. »

Le diable rouge

Sa liberté retrouvée, la comédienne joue dans Hamlet, aux cotés de Michel Aumont, dans une mise en scène de Francis Huster. Loin des murs du Français, la comédienne retrouve sa famille issue de la Comédie Française mais qui s’en est un jour lassé, comme elle. L’année suivant, elle interprète Madame de Maintenon, de son mariage avec Scarron à la création du collège de Saint Cyr dans L’allée du roi de Françoise Chandernagor. Un personnage de femme de roi mais plus de reine. Il faudra attendre Le diable rouge d’Antoine Rault et le rôle d’Anne d’Autriche, mère de Louis XIV, éprise d’un cardinal Mazarin cynique et ambitieux, pour que Geneviève Casile retrouve son légendaire port de reine.

L’éventail de Lady Windermere

Malgré ses talents de comédienne et surtout de tragédienne reconnus, Geneviève Casile, nominée deux fois pour le Molière de la meilleure comédienne pour ses prestations dans L’allée du roi et dans L’éventail de Lady Windermere, n’a jamais obtenue ce prix. Néanmoins en 1998, elle décroche le Molière de la meilleure comédienne pour son interprétation de Virginie Walter dans Bel Ami. Dans cette adaptation du roman de Guy de Maupassant, Madame Walter passe de la comédie, une dame éprise de Duroy comme une adolescente, une midinette à la tragédie lorsque son jeune amant la quitte et que tout s’effondre autour d’elle.

Mademoiselle Casile n’est pas seulement une dame de théâtre. Durant ses années de sociétariat à la Comédie Française, elle a joué pour la télévision. Ainsi, elle fut Isabelle de France dans la mini-série Les rois maudits aux cotés de Jean Piat, Louis Seigner ou Jean Deschamps, également issus du Français. Dans la mise en scène théâtrale de cette première adaptation télévisée du roman de Maurice Druon, Geneviève Casile incarne une reine malheureuse de son destin de l’autre côté de la Manche. La louve de France est une femme forte, copie au féminin de son père, mais sa carapace va céder pour l’amour d’un homme. Cette reine d’Angleterre va transporter la malédiction des templier de l’autre côté de la Manche et déclencher la guerre de cent ans. Pour toute une génération, Isabelle de France restera Geneviève Casile.
 
« J’ai la sensation de quelque chose qui n’est pas complet. Car faire du cinéma, pour une artiste, c’est une chose assez normale. Mais il n’y a pas de hasard : il faut une véritable envie. Là-dessus, je suis un peu flemmarde. Si demain j’avais le choix entre un grand texte au théâtre et un beau personnage à l’écran, je prendrais le cinéma, car là, il y a un manque ». La comédienne a participé à neuf productions cinématographiques dans sa carrière. Que des seconds rôles. Elle était une ancienne résistante dans Le promeneur du champs de mars, sur François Mitterrand, interprété par Michel Bouquet, un monstre sacré du théâtre. Plus récemment, elle jouait la mère de Pascale Arbillot dans la comédie Divorce(s).

« Profondément, j’appartiens au répertoire classique. J’aime les grands textes » de Molière, Musset, Marivaux, Hugo ou Racine (son préféré). La comédienne ose néanmoins les auteurs contemporains. Malgré le temps qui passe, Madame Casile n’a rien perdu de sa passion du théâtre, sa beauté, sa justesse de ton et sa grâce.