Une multitude de petites fêtes la nuit au Prophète…

17 Août

Dans la journée, ils préfèrent Manousque ou les Goudes, mais le soir, c’est la plage du Prophète… A la nuit tombée, des dizaines d’attroupements prennent possession des lieux. En contrebas de la Corniche et loin du vrombissement des voitures, la plage prend peu à peu son allure nocturne.

« No woman no cry. No woman no cry… », à l’écoute de la célèbre mélodie, une bande de potes reprend à tue-tête la chanson de Bob Marley. Munis de guitares et d’un ampli, le groupe est remarqué sur la plage. Ils ne sont pourtant pas les plus nombreux. Un rassemblement d’adeptes du CouchSurfing (service en ligne qui met en relation des personnes proposant et cherchant un hébergement temporaire) a envahi le coin bétonné de la plage. Adossés au mur ou assis sur les rochers, avec leurs énormes sacs à dos, hôtes et invités trinquent ensemble.

Installé de façon pseudo concentrique autour des victuailles, le groupe est venu fêter ses Catherinettes, bien que les jeunes filles n’en aient pas la coiffe. Il faut bien un prétexte pour se réunir et faire la fête sur le sable. Comme « le 25 novembre, c’est moins fun », Fanny, Hélène et les deux Marie ont décidé de faire un bon en avant de trois mois et de célébrer leur célibat à 25 ans. Au milieu des cadavres de bouteilles, tupperware et autres paquets de chips. « Il y a un engagement éco-citoyen », confie Hélène. En effet, certains gobelets font, pour la soirée, office de cendriers.

A deux pas, un jeune homme tente péniblement de mettre en route un barbecue devant quelques moqueurs. « La dernière fois, il a mis une heure et demi ». Le jeune homme ne se laisse pas décourager pour autant. « Il n’y a que celui qui ne tente pas qui n’y arrive pas. » Ses voisins qui poussent la chansonnette sur Bambino de Dalida, lui redonnent du baume au cœur dans sa tâche.

Face à ses tentatives quasiment désespérées de faire du feu, la sécurité veille mais n’intervient pas. Les toilettes sont même restées ouvertes. Chacun le sait, pour pouvoir continuer à faire des soirées sur la plage, il faut la laisser intacte après son passage. Les fins des réjouissances sont donc toute trouvées : C’est nettoyage…

Des bandes de potes, etc

« C’est une soirée en petit comité sur une plage paradisiaque », explique Aldo. Dans ce cercle, tout le monde ne se connaît pas. Leur point commun : Ils se sont inscrits sur le site On va sortir ! (OVS), afin de participer à l’événement. Un avant goût avant « la grosse soirée déguisée » du 25 août, sur cette même plage. OVS propose aussi des après-midi de tricots ou de tirs. Il s’agit de faire des rencontres et des activités nouvelles. « Vendredi, je vais à une soirée où je connais degun. Faut être sociable », raconte un participant. Indépendamment du concept, au fil de la soirée, les groupes se scindent ou s’élargissent au gré des humeurs.

Il y a aussi les retardataires. « Ah, il y a Jojo ! », s’exclame une jeune fille. « Tu étais attendu comme le messie ». Le jeune homme, arrivé avec un ami et en train de saluer ses complices de soirée, renchérit : « Moi, c’est Jo, lui c’est Jo. »

L’ambiance n’est pas seulement amicale la nuit sur la plage, il y a aussi des familles. Des enfants, encore en maillots, courent et se roulent dans le sable, fascinés par un groupe de jeunes qui jouent au volley sur le terrain. Certains adultes sont moins en joie. « On devait retrouver des amis, qui ne sont pas venus, ronchonne une mère de famille, on habite loin, en plus ». La bonne humeur des jeunes novembristes ne semble pas s’emparer d’elle. Ces groupes intergénérationnels sont toutefois les premiers à partir. Avec leurs nombreux sacs, certains sont là depuis la fin de la matinée.

« Rémy ! C’est vous qui jouez ? J’étais en train de danser sur votre musique », lance Isa, à la vue d’une silhouette familière marchant sur le sable. Les retrouvailles sont chaleureuses puis la fête se poursuit, chacun dans son groupe.

Et si on refaisait le monde !

En avançant vers la mer, les réunions sont plus intimistes et les cercles regroupent moins d’une dizaine de personnes. L’ambiance est également plus calme, pas de cris, ni de musique. Au bord de l’eau, c’est confessions et discussions, philosophiques ou non. L’essence même des nuits sur le sable : Refaire le monde avec des « si », prédire l’avenir, commérer sur le présent, répondre à des questions existentielles et pourquoi pas se laisser tenter par un bain de minuit, ou perdre un pari.

Un cercle éclairé à la lueur de bougies qui de loin pourrait faire penser à une œuvre artistique n’est en définitive qu’une façon de se voir. Les soirées sur la plage c’est bien, mais pour jouer au carte, par exemple, la lumière de la lune ne suffit pas.

Musique ou pas, l’atmosphère iodée qui règne sur les soirées d’été sur le sable n’est semblable à aucune autre. Il s’agit essentiellement de veillées entre amis, propices aux rencontres amicales d’un soir. Lorsque le cercle est grand, il est scindé en plusieurs groupes.

La plage du Prophète s’impose comme le lieu idéal pour de grosses soirées à petit budget.

Article réalisé pour le journal la Marseillaise, publié le 17 août 2012.

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