Première condamnation d’un président de la république…

15 Déc

« Dura lex, sed lex » (La loi est dure, mais c’est la loi)… Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi 15 décembre pour la première fois, un président de la république. Jacques Chirac a été condamné à deux ans de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. L’ancien chef d’Etat a été reconnu coupable d' »abus de confiance » et de « détournement de fonds publics ». Il a, en outre, été reconnu coupable de « prise illégale d’intérêts »devant le tribunal de Nanterre. L’ancien président était absent à son procès. Il n’a pas encore annoncé sa décision de faire appel ou non.

« Dura lex, sed lex »…

A la sortie du procès, Me Georges Kiejman, un des avocats de Jacques Chirac, a confié à la presse « J’espère que ce procès ne changera rien à l’affection que les Français portent à Jacques Chirac ».

Trois femmes, trois générations ont appris ce matin la condamnation de l’ancien président. Leurs avis divergent sur le sujet. « Pobret (le pauvre en catalan)… C’est moche!!! Depuis le temps qu’est ce qu’ils viennent l’embêter maintenant qu’il est âgé » proteste Huguette, 79 ans. La retraitée déplore la condamnation d’un homme qui est né huit jour avant elle. Héloïse,  étudiante, est plus terre à terre : « c’est pas trop tôt », elle pensait que « ça trainerait encore un bout de temps ». Du haut de ses 20 ans, la jeune fille se satisfait que justice ait été rendu dans cette affaire qui « n’a pas la même ampleur qu’une affaire du type Karachi mais il y a quand même des millions en jeu. Je trouve que la population a tendance a minimiser son importance sous prétexte que Chirac était « le petit gentil » de service ». L’image de l’ancien chef d’État est quasi indissociable du Salon de l’agriculture, dans lequel il passait des heures à sillonner les allées. « C’est lui qui s’est opposé à la guerre en Irak » se souvient surtout Liliane, 51 ans, qui considère que le jugement rendu est « politique ».

« Mens sans in corpore sano »…

François Hollande et François Fillon, tous deux en déplacement, ne se sont pas attardés sur la condamnation de l’ancien chef d’État, pensant à l’homme derrière le jugement.

En visite à Bondy, François Hollande, candidat PS à la présidentielle de 2012 a déclaré « La justice est passée et elle devait passer, pour que ne s’installe pas un sentiment d’impunité ». Face à cette condamnation « sévère », le député de Corèze a également eu « une pensée pour l’homme, Jacques Chirac, qui connaît en plus des ennuis de santé ».

Via une déclaration de presse à Sao Paulo, François Fillon, considère que le jugement « arrive vraiment trop tard, plus de 20 ans après les faits ». Le premier ministre a également ajouté que cela « ne viendra pas altérer la relation personnelle qui existe entre les Français et Jacques Chirac ».

« Lex aequa est »…

Eva Joly Jean-Marie Le Pen et Benoit Hamon se sont réjouis de l’équité de la justice.

Eva Joly, candidate d’Europe Écologie-Les Verts à la présidentielle de 2012, s’est félicitée dans un communiqué : « Ce jugement rendu après un véritable marathon judiciaire est la preuve de la nécessité et de l’utilité d’une justice indépendante et qui juge à égalité l’ensemble des citoyens ». L’ancienne juge d’instruction demande également à Jacques Chirac de quitter son siège au Conseil Constitutionnel, un siège qu’il occupe de droit en tant qu’ancien président de la république.

Jean Marie Le Pen a déclaré « On pouvait désespérer de la possibilité de faire condamner des coupables de haut niveau dans notre pays. Cette exception confirme la règle » (BFM TV). Le président d’honneur du Front National a ajouté « nous avons été présidés par un délinquant pendant 12 ans, et mon adversaire de 2002 est quelqu’un qui aurait dû être condamné à la prison ».

« C’est un bon signe pour la démocratie française qu’une justice indépendante puisse prononcer un tel verdict à l’égard d’un ancien président de la République » a déclaré à l’AFP, Benoit Hamon. Le porte parole du PS s’est félicité « que la justice passe, qu’elle ne distingue pas les justiciables selon qu’ils soient puissants ou pas ». Cette condamnation fait mentir, près de quatre siècles plus tard, la morale de la fable Les animaux malades de la peste de Jean La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir »…. 

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