Béatrice Agenin, une comédienne accomplie…

2 Nov

Jean-François Balmer et Béatrice Agenin dans Henri IV, le bien aimé

« Je revendique ma place d’épouse, de reine » explique Béatrice Agenin pour décrire la Marie de Médicis qu’elle incarne au théâtre dans Henri IV le bien aimé de Daniel Colas. « L’objectif du personnage c’est d’être couronné reine de France, si elle n’est pas sacrée elle n’a pas la légitimité ». Dans la pièce, l’épouse d’Henri IV est reine, par son mariage, mais craint d’être déchue à cause des multiples maîtresses de son époux. Un rôle aux antipodes du précédent. En effet, avant d’être la mère de Louis XIII, elle était sa veuve, Anne d’Autriche à l’occasion de la tournée de le pièce Le diable rouge d’Anthoine Rault, aux côtés d’un ambitieux cardinal Mazarin, interprété par Claude Rich.

Fraîchement sortie du Conservatoire, Béatrice Agenin entre dans le monde du théâtre par la grande porte en 1974, dans la maison de Molière. Aux côtés de Michel Aumont, Françoise Seigner ou Francis Huster, elle brule les planches du Français, en interprétant Elise dans L’avare, Silvia dans Le jeu de l’amour et du hasard, Célimène dans Le misanthrope ou Camille dans On ne badine pas avec l’amour.

Béatrice Agenin et Yane Mareine dans En allant à Saint Ives

Toutefois « Je m’y trouvais absolument à ma place dans ce voyage à travers les mots, mais j’étais plus aventureuse que ne le proposait la structure, j’avais besoin de respirer » confie la comédienne qui a quitté le maison de Molière en 1984. Elle quitte sa demeure sans quitter l’homme, incapable de se résigner à l’abandon du classique. C’est ainsi que pour sa seconde mise en scène, elle s’attaque à Les femmes savantes ou elle incarne Armande, « une idéaliste qui sacralise l’amour et suit en cela fidèlement la doctrine de l’époque ».

Sa « liberté » retrouvée, la comédienne s’attaque à la mise en scène. Elle monte d’abord Indépendance de Lee Blessing et y interprète Kim, une femme qui s’est échappée de l’emprise de sa mère et veut que ses deux sœurs fassent de même. Pour cette première mise en scène, son mari signe l’adaptation des textes de l’auteur américain. Onze ans plus tard, le couple réitère sa collaboration pour la pièce du même auteur, En allant à Saint Ives. Béatrice Agenin partage cette fois la scène avec Yane Mareine, pour un tête à tête entre deux mères, la première en deuil d’un fils, l’autre voulant assassiner le sien, dictateur d’un petit pays africain.

Son rôle de metteur en scène, la comédienne l’a surtout endossé afin de retrouver les auteurs classiques qu’elle affectionne tant. Après Molière, elle s’est attelée à Marivaux et aux pièces en un acte Les sincères et L’épreuve. Dans la première, elle joue la marquise qui méprise les flatteurs et apprécie la conversation d’Ergaste (Maxime Leroux), seul homme sincère qu’elle connaisse. Dans la seconde, elle est Madame Argante, la mère d’Angélique, une jeune fille à laquelle son prétendant fait subir l’épreuve de l’amour, pour tester ses sentiments.

Jean-Paul Belmondo et Béatrice Agenin dans Tailleur pour dames

Si à la ville, elle fut la compagne de Bernard Giraudeau son camarade du Conservatoire, à la scène, elle fut celle de Jean-Paul Belmondo à plusieurs reprises. En 1987, le célèbre acteur fait son retour sur les planches après 27 ans d’absence, dans la pièce de Jean-Paul Sartre, Kean. La comédienne fait partie de l’aventure et joue Elena une jeune femme éprise du personnage interprété par Jean-Paul Belmondo au point de vouloir tout quitter pour lui. Quelques années plus tard, dans Cyrano de Bergerac, sous la direction de Robert Hossein, les comédiens intervertissent les rôles et elle devient la Roxanne de Belmondo qui interprète le héros de la pièce. Sous la direction de Bernard Murat, dans des pièces de Georges Feydeau, ils incarnent un couple illégitime dans Tailleur pour dames puis légitime dans La puce à l’oreille.

Devant la caméra de Claude Lelouch dans Itinéraire d’un enfant gâté elle endosse le rôle de sa première épouse. « C’est un homme extrêmement attachant, mais là encore je me suis retrouvée sous l’emprise d’une très grosse institution » confesse la comédienne quand elle revient sur sa collaboration avec Jean-Paul Belmondo.

Prune Becker

Son visage est surtout connu pour son rôle dans la série Une famille formidable. Depuis 1996, elle y incarne Reine Grenier, une femme d’affaire, amie de la la famille Beaumont. Outre ce personnage récurrent, la femme de théâtre est souvent présente sur le petit écran. En 2004, elle interprète Dorine, la ministre des relation avec le parlement dans la série Avocats et associés. Maitresse d’un des personnages principaux, cette femme insatiable, use de provocation et de chantage pour arriver à ses fins. « J’ai trouvé drôle de camper cette manipulatrice » confesse Béatrice Agenin. Dans les téléfilms, elle joue souvent les rôles de bourgeoises ce qu’elle déplore : « en France, on est un peu dans un tiroir ». En 2005, pourtant, c’est sur le petit écran qu’elle obtient le rôle titre de Prune Becker, une nouvelle vie. Dans cette comédie, elle incarne une psychanalyste en quête d’amour après un divorce.

Michel Vaillant

Sur grand écran, elle joue la compagne de Lino Ventura dans La septième cible et une amie de Caroline Cellier dans L’année des méduses, dans les années 80. Plus récemment elle endosse des seconds rôles dans des films poignants. Dans Michel Vaillant, la comédienne interprétait de mère de Sagamore Stevenin, pilote automobile qui s’apprête à courir les 24h du Mans. « Cette femme vit avec la peur, et cela la rend humaine, émouvante » explique Béatrice Agenin. Dans Cavalcade, elle était la mère de Titoff, tétraplégique à la suite d’un accident de la route.

Jean Piat et Béatrice Agenin dans La maison du lac

Plus de vingt ans après son départ de la Comédie Française, Béatrice Agenin retrouve Jean Piat, sociétaire honoraire du Français dans La maison du lac d’Ernest Thompson. Pour ces retrouvailles, ils interprètent un père et sa fille, en conflit depuis toujours.

Avec une trentaine de pièces et quatre nominations aux Molières à son actif, Mademoiselle continue sa carrière en toute liberté, voguant entre auteurs classiques et contemporains. Béatrice Agenin vient d’achever le tournage de la neuvième saison d’Une famille formidable et partira en tournée avec la pièce Henri IV le bien aimé, aux côtés de Jean-François Balmer. Son prochain projet : réaliser la mise en scène de Macbeth de William Shakespeare…

Henri IV le bien aimé
au Théâtre du Gymnase, à Marseille
du 29 mai au 9 juin 2012
mardi, jeudi, vendredi et samedi à 20h30 et mercredi à 19h
Texte et mise en scène de Daniel Colas
Avec Jean-François Balmer, Béatrice Agenin, Coralie Audret, Maxime d’Aboville, Xavier Lafitte, Hubert Drac, Philippe Rigot, Maud Baecker…

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